Jean-Marc Seghezzi, PDG des Cycles Mercier, a livré plus de détails sur un projet annoncé début février visant à produire au moins 500 000 cycles par an sur un nouveau site à Revin (Ardennes), au prix d’un investissement de 13 millions d’euros.
"Nous allons installer ici deux grandes lignes de montage complètement autonomes de 80mètres de long pour produire 80% de vélos mécaniques et entre 15 et 20% d’électriques de qualité premium. Nous ferons de la soudure de cadres, de la peinture, du stickage et de la fabrication de jantes" précise le PDG. En s'installant dans les Ardennes, les Cycles Mercier entendent profiter de la position stratégique de Revin, à moins de 500 km d’une zone comptant 110 millions d’habitants où on aime le vélo (Belgique, Hollande, Allemagne), pour exploiter ce vivier.
Opérationnel au premier trimestre 2022
Sur place, Jean-Marc Seghezzi a présenté le squelette du futur bâtiment de 16 000 m², mis gratuitement à sa disposition par la communauté de communes Ardennes Rives de Meuse. Il va être rénové et aménagé en avril pour être opérationnel au premier trimestre 2022. Sur un investissement global estimé à 13 millions d’euros, les Cycles Mercier consacreront pour leur part 2,4 millions d’euros au parc machines et à la création d’un showroom. L’Etat s’est d’ores et déjà engagé sur un soutien de 800 000 euros, délivré au titre du fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires et à deux aides de 200 000 euros débloquées pour accompagner la formation professionnelle et de 300 000 euros dans le cadre du plan France relance. Plusieurs autres millions d’euros seront aussi accordés dans le cadre des travaux d’aménagement, de la résorption de friches industrielles et de l’aide à la revitalisation. La région ne sera pas en reste.
Dès l’ouverture des portes, 140 salariés seront à pied d’œuvre pour monter à 270 emplois cinq ans plus tard. L'entreprise s’attellera à travailler avec des sous-traitants locaux exerçant dans l’acier et l’aluminium pour la fabrique de cadres et de jantes. Un partenariat est en cours avec un fabricant français de batteries pour l’équipement des vélos électriques (le nom n'est pas communiqué). Le reste des composants proviendra d’Asie du Sud-Est.
Une fois l’usine d’assemblage érigée, les Cycles Mercier comptent surfer sur un marché des vélos en effervescence (2,33 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le secteur en 2019, voir notre grande enquête), boosté par l’engouement pour les mobilités douces et le développement du marché électrique. "D’ici cinq ans, la vente de ce type de vélo va passer de 400000 à 1000 000" estime Jean-Marc Seghezzi.



