Le sigle de Volkswagen figure en bonne place sur le guidon. Mais l’innovation de la marque allemande, qui répond aux besoins des professionnels positionnés sur la livraison du dernier kilomètre, n’est pas un énième utilitaire. C’est un vélo cargo à assistance électrique.
Victime de nombreux retards, le Cargo e-Bike doit finalement entrer en production cette année dans l’usine de Hanovre (Allemagne). Une nouvelle illustration de l’incursion tant des constructeurs que des équipementiers automobiles dans l’univers des vélos à assistance électrique (VAE).
Certains sont impliqués de longue date dans le monde de la petite reine, et avec succès. Peugeot Cycles déploie depuis plusieurs années déjà une large gamme de vélos pour des usages urbains et sportifs. Ces modèles sont conçus et produits par Cycleurope, à Romilly-sur-Seine (Aube), aux côtés d’autres marques comme Bianchi et Gitane. Le célèbre fabricant américain de motos Harley-Davidson a lui aussi créé une nouvelle filiale dédiée aux VAE, Serial 1 Cycle Company.
La promesse d’un marché florissant
En pleine transition énergétique, les vélos électriques constituent de beaux objets marketing pour des groupes soucieux de démontrer leur engagement dans la mobilité décarbonée. Les constructeurs automobiles en font aussi une démonstration de leur passage de fabricants de voitures à fournisseurs de mobilité.
Sans oublier, bien sûr, les perspectives de croissance du marché. À la présentation de son Smart e-Bike System fin 2020, Valeo anticipait un marché mondial multiplié par quinze dans les dix années à venir, pour atteindre 270 millions de VAE vendus en 2030. D’où le développement d’un premier système d’assistance intégré dans le pédalier et fonctionnant au 48 volts. Une technologie dont Valeo s’est fait une spécialité au fil des années.
Mais la concurrence est rude. Depuis plus de dix ans, Bosch développe une offre complète allant du moteur aux batteries jusqu’à l’interface utilisateur. Le groupe allemand, qui travaille avec 70 marques, dont le français Moustache Bikes, assemble ses systèmes dans une usine en Hongrie afin de servir un marché européen qui « restera moteur et leader dans le VAE », selon un porte-parole.
Lancée en mode start-up, son activité e-bike s’est d’abord construite sur la réutilisation et l’adaptation de technologies existantes au sein de l’entreprise. Depuis 2020, elle est une division à part entière et développe ses propres solutions. Une preuve de ses ambitions dans le très prometteur marché des VAE. Il est largement soutenu par les métropoles, qui tentent de désengorger leur centre-ville sur fond de lutte contre la pollution de l’air.



