Le manufacturier français Michelin investit 3 millions d'euros dans son usine de Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire), dans le but d'automatiser la production de calendrage, des membranes tissu et acier qui entrent ensuite dans la composition des pneus.
Le chantier principal, qui consiste dans la pose de différents outils de mesures et d'automatismes sur la ligne de production, sera réalisé pendant l'arrêt estival durant deux semaines en août.
«Notre usine fournit 40% des membranes dans le monde, indique Alfonso Fernandez-Junquera, directeur du site, qui a trois clients principaux : l'usine des pneus automobiles de Cholet (Maine-et-Loire), celle des pneus agricoles de Troyes (Aube) et celle des poids lourds à Roanne (Loire). Nous livrons toutes les autres usines finales du groupe en Europe», complète Alfonso Fernandez-Junquera.
Friche disponible
La crise a bien sûr touché cette unité, dépendante des marchés de l'auto et des transports. La principale production, celle des membranes, sera en baisse de 14,7% en 2021, par rapport à 2019, soit environ 14,5 millions de mètres carrés attendus. L'usine a par ailleurs décidé de stopper une production marginale, celle des "flaps", un fond de jante caoutchouc qu'elle n'envoyait plus qu'en Inde. «Nous fabriquions 550 000 unités en 2016, moins de 50 000 cette année. Ce n'était plus compétitif», dit le responsable. Résultat : treize départs volontaires ou en retraite sont non remplacés cette année. «Nous cherchons à rendre les opérateurs plus polyvalents pour répondre aux à-coups du marché», résume Alfonso Fernandez-Junquera.
L'usine de Joué-lès-Tours ne fabrique plus de pneus depuis 2013, date de l'annonce de la fin de l'activité poids-lourd, qui avait entraîné plus de 700 suppressions de postes. Jusqu'en 2017, Michelin avait investi plus de 40 millions pour la transformer et réduire la surface occupée à 10 hectares, au lieu de 32. Malgré la dépollution de la friche, la vingtaine d'hectares autour de l'usine reste quasiment vide.



