Chronique

[Drinks stories] A Dijon, Gabriel Boudier investit 6 millions d’euros pour s'adapter à une très forte croissance

En un an, le chiffre d’affaires du liquoriste Gabriel Boudier a progressé de 63%. Pour y répondre, la PME de Dijon (Côte-d’Or) prévoit un plan d’investissements de 6 millions d’euros sur cinq ans.

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Crème de cassis Gabriel Boudier
La crème de cassis de Dijon constitue l'un des produits phares de l'entreprise.

A Dijon (Côte-d’Or), Gabriel Boudier prévoit un plan d’investissement de 6 millions d’euros sur cinq ans. L’entreprise spécialisée dans la production, le développement et le conditionnement de liqueurs et spiritueux compte adapter son outil industriel au fort développement qu’elle a enregistré ces dernières années, avec un chiffre d’affaires passé de 13,5 millions d’euros de chiffre d’affaires au 31 mars 2020, à 22 millions d’euros au 31 mars 2021. Le groupe familial table sur 40 millions d’euros au terme du prochain exercice.

“Notre forte croissance s’explique par le fait de ne pas être lié à un seul marché. Nous avons aussi bénéficié d’une demande très forte pour les extractions naturelles de fruits et de plantes”, commente Yves Battault, directeur général de cette entreprise créée en 1874, dans le giron de la famille Battault depuis 1936. Gabriel Boudier vend des produits semi-finis à des industriels (liquoristes et aromaticiens) qui les utilisent dans des préparations. Certains produits (crème de cassis, gin…) sont vendus en vrac à des clients qui les embouteillent; d’autres sont déjà conditionnés. La PME commercialise également ses capacités de conditionnement et de recherche et développement, en élaborant des recettes qu’elle peut ensuite produire.

Des locaux recentrés sur la production

Gabriel Boudier vient de mettre en service une ligne de conditionnement dédiée aux mignonnettes. Une première étape d’un plan d’investissement qui se veut prudent : “nous essayons de garder une certaine flexibilité en cas de retournement du marché”, insiste François Battault, son président. Exportatrice à hauteur de 80%, l’entreprise “s’est fait peur” avec le Brexit, “qui s’est finalement transformé en opportunité”, et veille aujourd’hui à l’impact du réchauffement climatique - elle achète notamment 1000 tonnes de sucre et 700 tonnes de fruits d’hiver par an.

“Nous mettons à jour nos équipements, qui ont une usure prématurée face à la hausse des volumes”, poursuit François Battault. La capacité de la cuverie est amenée à croître. Le cahier des charges de l’appellation géographique imposant de produire la crème de cassis à Dijon, l’entreprise a choisi de recentrer l’activité de ses locaux sur l’administratif, la production et la R&D, et donc d’externaliser la logistique ainsi que les opérations de copacking (création de coffrets) auprès de prestataires locaux : “nous ne pouvons pas nous agrandir.”

40 recrutements effectués en un an

Autre projet prévu dans les cinq ans à venir, la création d’une ligne d’embouteillage supplémentaire. Auparavant, l’entreprise aura étendu la surface de ses locaux sociaux et doublé la surface consacrée à la maintenance, sur un site identique (10 000 mètres carrés).

Des investissements nécessaires pour répondre à la très forte croissance de l’effectif, passé de 65 personnes au 31 mars 2020 à 105 personnes au 31 mars 2021. “Les caristes sont une denrée très rare, tout comme les conducteurs de ligne régleurs”, précise François Battault. Un partenariat a été passé avec Manpower afin de réussir cette phase, et une nouvelle campagne marque employeur déployée. L’automatisation prévue de certaines tâches devrait conduire, au cours des prochains mois, à une stabilisation de l’effectif.

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