Un grand soleil pour une opération com’ millimétrée. Danone a donné rendez-vous à Saint-Galmier (Loire) ce 16 juillet. Face aux élus et aux journalistes, le minéralier a présenté une initiative au niveau local censée pérenniser l’avenir de la source d’où jaillit la célèbre Badoit. L’industriel va récupérer deux forages qui permettaient jusque-là d’alimenter la commune et ses habitants. Ces derniers viendront compléter la dizaine de forages qui alimentent l’usine d’embouteillage, qui indique prélever 250 millions de litres chaque année.
Des forages de la commune transférés à l'usine
«Face au changement climatique, il nous faut garantir la recharge de la nappe en diversifiant nos points de captage», a détaillé Cathy Le Hec, la patronne de la division eaux de Danone. L'opération permettra d'arrêter au moins un des forages actuellement exploité. Une convention a été signée avec les autorités locales sur vingt ans : Danone va investir plus de 10 millions d’euros pour déployer de nouveaux forages dans une nappe de la région qui ne fait pas d’eau minérale. Le but est de remplacer «à 200%» les volumes qui étaient apportés par les deux forages désormais alloués à l’usine. Le financement n'est pas totalement arrêté, le projet devant être finalisé d'ici à deux ans.
En cette après-midi de juillet, Danone reçoit les hourras des autorités locales. Le maire, Philippe Denis, s’avoue ravi de voir la «carte de visite» de la ville sauvegardée. La sénatrice de la Loire, Cécile Cukiermanet, se félicite de son côté de la bonne «conciliation des usages de l’eau». Une situation qui tranche avec le sort de son principal concurrent sur la scène nationale, Nestlé Waters, qui peine toujours à se dépêtrer de l’affaire des traitements interdits. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Danone a choisi Badoit pour sa démonstration, marque concurrente la plus directe de Perrier, dont l’usine d’embouteillage à Vergèze (Gard) pourrait perdre dans les prochains mois l’appellation «eau minérale naturelle».
Une leçon d'anticipation et des messages pour la concurrence
Cathy Le Hec, par ailleurs présidente de la Maison des eaux minérales, principal lobby du secteur, distille des piques à peine volées à son concurrent : «Notre priorité n’est pas le développement des volumes, mais la protection de la ressource. Notre métier n’est pas seulement de mettre de l’eau en bouteille mais de veiller à la santé de la nappe phréatique. Il ne faut pas attendre que les problèmes arrivent, nous devons anticiper.» Ou encore : «Une eau minérale naturelle répond à des critères stricts de qualité.»

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Rappel toutefois, si Danone n’est pas embourbé dans une affaire de fraude, il n'est pas tout à fait épargné par les difficultés de gestion de la ressource. À Volvic, la préfecture du Puy-de-Dôme a décidé d'abaisser plus vite que prévu les prélèvements auxquels à le droit de l'industriel, réduisant son autorisation sous les 2,4 milliards de litres au mois de mai – le pic historique est à 2,8 milliards de litres.
Danone profite des déboires de Nestlé ?
À Saint Galmier, Nestlé Waters n’est jamais cité, mais la division eaux de Danone compte marquer des points en rayons. Le risque avec ce genre de scandale est que la catégorie dans son ensemble pâtisse des pratiques d’un des acteurs, comme ce fut le cas avec l’affaire Buitoni, qui avait fait plonger le rayon des pizzas surgelées. Cathy Le Hec assure qu’il n’en est rien : «Il est difficile de faire la part des choses en raison de l’effet important de la saisonnalité et de la chaleur, mais l’ensemble de nos marques d’eaux est en progression de 4,2% depuis le début d’année.»LSA rappelle pourtant que le rayon est en berne, particulièrement les eaux gazeuses sous l'effet d'un décrochage des ventes de Nestlé.



