Nestlé Waters a indiqué ce 3 juillet par communiqué avoir supprimé les microfiltrations interdites sur son site de Vergèze dans le Gard où est embouteillée l'eau minérale Perrier. L'appellation "eau minérale naturelle", dont se revendiquent les célèbres bouteilles vertes, était sur la sellette. Le préfet du Gard devait se prononcer sur le dossier le 7 août. "Devait", car Nestlé va déposer le 4 juillet une nouvelle autorisation d'exploitation, consécutive à la suppression des traitements interdits, qui doit faire tomber cette date, indique à L'Usine Nouvelle la communication de l'entreprise.
Les filtres à 0,2 micron retirés, nouvelle demande déposée
D'un point de vue technique, l'usine de Vergèze va supprimer les microfiltrations à 0,2 micron. Ces dernières ont été déployées en août 2023 : à l'époque, avec l'accord des autorités, Nestlé retirait dans son usine une première batterie de traitements interdits, des filtres à UV et charbons actifs. Problème : ces membranes nouvellement installées sont tout aussi incompatibles avec l'appellation "eau minérale naturelle" (EMN). Dans le jargon on dit qu'elles modifient le microbisme de l'eau du fait de leur effet considéré "désinfectant" par les autorités. Après l'éclatement de l'affaire, révélée par voie de presse, l'industriel va devoir retirer ces microfiltres.
Il l'a effectué dans les Vosges, ces dernières semaines, où les membranes à 0,2 micron avaient été déployées sur la production de l'Hépar et de la Contrex. L'embouteilleur indique donc par voie de communiqué de presse ce 3 juillet que c'est désormais aussi chose faite sur son site du Gard à Vergèze. Comme dans les Vosges des membranes à 0,45 micron sont substituées. Ces membranes sont considérées comme licites par les autorités et sont déjà utilisées par nombre de minéraliers comme Mont Roucous.
Deux forages supplémentaires mis sur la touche
Mais subsiste une question relative à la cause de l'installation de ces filtres. S'ils permettaient de réduire les nettoyages et de pallier à une infrastructure vieillissante, comme l'ont indiqué les directeurs d'usines lors de leur passage en Commission d'enquête sénatoriale ces derniers mois, le problème originel venait du sous-sol. Outre des épisodes de contamination des eaux documentés par les autorités, un rapport d'hydrogéologues, sollicité par la préfecture dans le cadre de la procédure de réévaluation de l'eau minérale, a estimé que la pureté originelle de la ressource n'était plus garantie, critère pourtant indispensable pour se prévaloir de l'appellation "eau minérale naturelle". Nestlé contestait certaines conclusions.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
L'industriel espère avoir trouvé une solution médiane. Aussi, sur les quatre forages qui servent encore à la production d'eau minérale (les autres sont suspendus où ont basculé sur la production de "Maison Perrier", une eau aromatisée mais non minérale sur laquelle les traitements ne posent pas problème), deux vont être arrêtés par l'industriel. Ils pourraient basculer sur la production de "Maison Perrier". Seuls les puits R6 et R7 ont été équipés des membranes à 0,45. On comprend de la communication de l'entreprise que des procédures d'arrêts et de retenue des lots sont prévues en cas d'épisode de pluie exceptionnel qui entrainerait une contamination afin que les bouteilles mises sur le marché en soient exemptes.
Un mix d'eau qui va évoluer pour les bouteilles "EMN"
"Le retrait ne règle rien concernant la catégorisation de Perrier en “Eau minérale naturelle”, a réagi le sénateur Alexandre Ouizille, rapporteur de la Commission d'enquête liée aux pratiques de Nestlé dans la soirée du 3 juillet. En effet, les eaux brutes du groupe sont toujours contaminées (...) et nécessitent un traitement approprié car la pureté originelle n’est plus garantie. Nous considérons par ailleurs que le nouveau traitement mis en place (...) est de nature à affaiblir la gestion du risque sanitaire et que, sauf à ce que la pureté originelle de la nappe puisse être restaurée sur certains forages spécifiques." Nestlé indique aussi dans son communiqué du 3 juillet qu'il va allouer 25 millions d'euros à des mesures de protection de la ressource.
Les deux puits restants seraient les moins vulnérables, nous indique une source locale. La communication de Nestlé insiste sur le fait qu'il n'y a pas eu de "déviation" en 2025 sur ces forages. Notre source insiste sur un autre point : le mélange d'eau va évoluer avec la suspension des deux autres forages. "Les puits R6 et R7 correspondent à 70 à 80% du mix que l'on fait pour l'eau minérale Perrier. La minéralité de la bouteille va évoluer." La balle est dans le camp des autorités et de la préfecture qui devra avaliser ou non les procédés de l'industriel.



