La guerre en Ukraine provoque une hausse des prix du gaz fragilisant les activités de la Jurassienne de céramique française à Damparis (Jura). Depuis le 7 mars, la PME a renvoyé ses 54 salariés à leur domicile, incapable de faire face à une augmentation des prix de l’énergie. « Notre prévisionnel estimait à 400 000 euros le budget dédié à l’énergie, nous l’avons porté à 1,7 million d’euros en début d’année en nous appuyant sur un coût maximal de 20 euros du kilowatt/heure. Pourtant, les nouvelles hausses nous conduisent à estimer une dépense de gaz à 4 millions d’euros sur l’exercice en cours », détaille Manuel Rodriguez, dirigeant du groupe Kramer et de la Jurassienne de céramique française.
Avec un budget multiplié par dix en quelques mois à peine, le repreneur a préféré mettre en sommeil son activité. « Ouvrir l’usine nous coûterait plus cher que produire, et représenterait un gouffre financier qui mettrait à genoux notre trésorerie », explique Manuel Rodriguez qui espère bénéficier du chômage partiel, considérant qu’il est « empêché de travailler ».
Un report des commandes
La Jurassienne de céramique française ne connaissait pas la crise, le carnet de commandes étant bien rempli. L’augmentation des prix oblige désormais l’entreprise à repousser ses délais de livraison. « Nous avons expliqué la situation à nos clients qui comprennent que nous devons protéger nos salariés et notre trésorerie. Nous sommes partis sur six mois de délais en espérant que ça durera moins longtemps. Si ce n’est pas le cas, toute l’économie européenne sera à genoux », considère le dirigeant.
Le groupe Kramer a racheté l’entreprise Jacob Delafon, le dernier céramiste de sanitaire français, et inauguré le site le 9 décembre 2021 comme sa nouvelle filiale, la Jurassienne de céramique française. Le groupe, spécialisé dans la conception et la fabrication de robinetterie, espère renforcer sa présence dans l’univers de la salle de bain. Avec 30 millions d’euros de chiffre d’affaires et 112 collaborateurs en France, le groupe Kramer s’est engagé à recruter 70 personnes sur le site au terme de son premier exercice et ambitionne d’atteindre un total de 150 salariés à l’horizon 2026.



