Le métallurgiste normand Manoir Industries sauvé par le britannique Paralloy

Le tribunal de commerce de Paris a acté, jeudi 20 juin 2024, la reprise du groupe métallurgique Manoir Industries, basé à Pîtres (Eure), par le groupe industriel britannique Paralloy. Cette reprise s’accompagne d’un plan d’investissement situé entre 30 et 40 millions d’euros à horizon 2030 dans le groupe normand.

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Fonderie Manoir Industries
Si le chiffre d'affaires du métallurgiste Manoir Industries s'est amélioré depuis son placement en redressement judiciaire, le groupe a souffert du sous-investissement de son actionnaire.

Bouffée d’oxygène. Le tribunal de commerce de Paris a autorisé, jeudi 20 juin, la reprise du groupe métallurgique Manoir Industries, basé à Pîtres (Eure), par le groupe de fonderie britannique Paralloy. Le spécialiste français des alliages de haute précision pour la pétrochimie, la défense et le nucléaire était placé sous la protection du tribunal de commerce depuis le mois de mars, en attendant de trouver un nouvel actionnaire.

La reprise doit s’accompagner d’un plan d’investissement compris entre 30 et 40 millions d’euros sur six ans. Pour redémarrer la machine, Paralloy met la main à la poche avec un total de 6 millions d'euros, auxquels s’ajoute un prêt équivalent de l'État, un apport de la région en quasi-fonds propres de 3,5 millions et un prêt d'EDF de 3 millions. L'arrivée du britannique doit permettre de conserver les 480 emplois du groupe - 420 sur le site de Pîtres et 60 pour la filiale anglaise du groupe, à Burton.

L’entreprise, dont les pièces servent au circuit primaire des réacteurs des centrales nucléaires de troisième génération (EPR 2) ou à l'embout du canon Caesar utilisé par l'armée française, avait déjà été placée en redressement judiciaire en 2021. Un nouvel apport de son précédent actionnaire, le fonds chinois CAM SPC, avait alors permis à l’entreprise de relancer son activité. Bilan : une nette amélioration de son chiffre d’affaires, passant de 60 millions d’euros en 2022 à 86 millions d’euros enregistrés en 2023. Côté trésorerie, en revanche, le financement des activités de l’entreprise s'est révélé insuffisant. Le besoin était évalué à 50 millions d’euros sur trois ans lors du plan de continuation, en 2021.

Un rachat opéré entre métallurgistes

Le rachat du groupe français permet à Paralloy de poser un pied sur le segment du nucléaire, dans lequel il était encore absent. Il va pratiquement doubler de taille, passant à un total de 7 sites industriels et plus de 1000 employés, avec «le plus grand portefeuille de propriété intellectuelle au monde dans le secteur pétrochimique», avance Paralloy dans un communiqué relayé par son PDG, Robert Mac Gowan, sur LinkedIn. Spécialisé dans le secteur de la pétrochimie et de la défense, le métallurgiste de la ville de Sheffield a enregistré 120 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023 et compte 530 collaborateurs répartis dans cinq usines.

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