Les filiales du groupe Manoir Industries placées en redressement judiciaire

Le groupe Manoir Industries spécialiste de la transformation des métaux a obtenu l’ouverture de procédures de redressement judiciaire concernant cinq de ses six filiales, dont son vaisseau-amiral Manoir Pitres dans l’Eure qui compte 438 salariés. Il est à la recherche de repreneurs.

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La machine d’usinage WRD 130 de TOS Varnsdorf installée sur le site de Pîtres
Le groupe Manoir Industries a annoncé le 1er mars 2021 le placement en redressement judiciaire de cinq de ses filiales en raison de la défaillance de son actionnaire chinois CAM SPC.

En cessation de paiement, cinq des six filiales françaises du groupe Manoir Industries, spécialisé dans la transformation des métaux et détenu par l’actionnaire chinois CAM SPC, viennent d’être placées en redressement judiciaire.

Manoir Pitres, le vaisseau-amiral du groupe, installé à Pitres dans l’Eure (438 salariés), qui a développé plusieurs dizaines d’aciers spéciaux pour la pétrochimie et le nucléaire, relève depuis le 25 février 2021 du tribunal de commerce de Paris. Tout comme Manoir Engrenages (33 salariés) à Chaumontel dans le Val-d’Oise ; quant à la filiale Manoir Bouzonville en Moselle (164 salariés), elle vient aussi de solliciter auprès du tribunal de commerce de Paris l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. L'audience est prévue le 4 mars.

Les sociétés du chaudronnier normand CTI, acquis en 2016 par Manoir Industries, ont été placées en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Rouen (Seine-Maritime) le 23 février. Il s’agit de Manoir ACPP (La Hague, Manche, 233 salariés), de Manoir CTI ACDN (Agneaux, Manche, 93 salariés) et de Manoir Agriandre (Conches-en-Ouche, Eure, 49 salariés). 

Défaillance du nouvel actionnaire chinois

Manoir Industries attribue ses difficultés au fait que son nouvel actionnaire CAM SPC "n’a pas versé les fonds qu’il s’était engagé à [lui] verser avant fin novembre 2020". Le groupe, qui a réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 182 millions d’euros, explique dans un communiqué avoir "tenu jusque-là grâce au concours de l’Etat", via le prêt FDES et des reports accordés pour le paiement des charges fiscales et sociales. Il est à la recherche de repreneurs pour ses différentes filiales.

CAM SPC est devenu l’actionnaire unique de Manoir Industries en juin 2020 après avoir prêté de l’argent au précédent propriétaire en grande difficulté, le métallurgiste chinois Yantai Taihai Group (qui avait repris Manoir Industries en 2013 au fonds de pension américain Sun Capital). Yantai Taihai Group n’ayant pu rembourser son emprunt, CAM SPC avait alors fait jouer le fait que l’ancien actionnaire avait nanti les titres de Manoir Industries à son profit. Il est ainsi devenu actionnaire en récupérant les titres du groupe.

Le groupe Manoir Industries avait fait parler de lui en 2017 quand sa filiale Manoir Pitres, qui dispose d’une fonderie, était devenue le partenaire aciériste d’un projet d’usine de poudre d’acier porté par plusieurs investisseurs qui devait voir le jour à Pitres. Ce devait être le lancement en France de la technologie de la métallurgie "à froid", une technologie de rupture par rapport à la forge et à la fonderie. Cette usine n’est pas sortie de terre.

Le groupe Manoir Industries dont le siège est basé à Pari compte 1 088 salariés en France.

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