Le groupe Bosch prévoit la suppression de plus de 750 emplois à Onet-le-Château

Le président de Bosch France, en déplacement à Onet-le-Château (Aveyron), vient d'annoncer la suppression de plus de 750 postes à l'usine Bosch Rodez d'ici 2025.

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La ligne d'injecteurs diesel en cours de modernisation sur le site Bosch à Onet-le-Château sera mise en production à la mi-avril 2019.
Le 5 mars la direction de Bosch France a annoncé vouloir ramener l'effectif du site Bosch Rodez à 500 salariés d'ici 2025.

Attendue depuis plusieurs semaines avec inquiétude, la venue de Heiko Carrie, président de Bosch France, le 5 mars, sur le site de l'usine Bosch Rodez, à Onet-le-Château (Aveyron), a un goût amer.

Accompagné de Dominique Olivier, DRH de Bosch France, et de Patrick Meillaud, directeur des fonctions économiques du site aveyronnais, à l'occasion d'une réunion à laquelle participaient également à distance et en visioconférence plusieurs représentants de la direction allemande du groupe, Heiko Carrie a annoncé très officiellement la décision du groupe de ramener l'effectif du site de Rodez à 500 postes à l'horizon 2025.

Traduction : ce sont un peu plus de 750 postes qui seront supprimés sur ce site aveyronnais où travaillent actuellement un peu plus de 1 300 salariés. Un effectif de l'usine aveyronnaise déjà en recul : depuis fin 2018, il n’a cessé de s'éroder, passant en trois ans, de 1 543 salariés à environ 1 300 salariés.

En cause, l'effondrement du marché des véhicules diesel, auquel s'adressent quasi exclusivement les productions de composants de l'usine aveyronnaise. En France, la part du diesel dans les véhicules particuliers s’est écroulée à 31 % du total des ventes de voitures neuves en 2020, contre encore 52 % en 2016. Dans l'Hexagone et ailleurs, les villes s'organisent pour réduire l'accès de ces véhicules, qui émettent certes moins de CO2 que les moteurs essence mais plus d'oxyde d'azote (NOx). A Paris, les voitures diesel seront notamment interdites à partir de 2024. 

La crainte d'une fermeture

Une annonce d'autant plus inquiétante qu'elle n'est encore assortie d'aucune garantie et qu'elle est par ailleurs suspendue aux capacités de l'usine aveyronnaise à concrétiser d'ici là de nouvelles pistes de diversification. L'échéance de 2027 a même été évoquée. Depuis la signature en 2018 d'un accord de transition, un groupe de travail, constitué au sein de l'établissement aveyronnais planche en effet sur plusieurs projets de diversification. "Mais nous sommes très loin du compte", s'inquiète Jérôme Palous, élu CGT au CSE de l'établissement de Rodez. La mise en production d'une barre de torsion pour les colonnes de direction occupe à peine une vingtaine de salariés et un démonstrateur pour une solution d'alimentation de groupes froids de remorques frigorifiques à partir d'une pile à combustible est toujours en phase de mise au point…

Ce que les représentants syndicaux et l’ensemble des salariés redoutent à échéance de 2025, c’est le risque, faute d’un véritable projet industriel d’avenir, d’une fermeture du site.

500 emplois jusqu'à fin 2027

De son côté, Heiko Carrie se veut à la fois rassurant et confiant sur la pérennité de l'usine de Rodez. "Ce matin, nous avons porté un message difficile, avec la décision de ramener l'effectif du site à 500 salariés. Mais ce message est assorti d'informations positives. Nous avons évité la fermeture du site, nous nous sommes engagés à mettre en place les conditions pour éviter les licenciements contraints et nous avons donné une vraie perspective d'avenir à l'usine de Rodez en nous engageant à maintenir cet effectif de 500 salariés jusqu'à fin 2027", a tenu à préciser le président de Bosch France à L'Usine Nouvelle.

A charge pour tous de se mettre autour de la table pour arriver à la signature prochaine d'un nouvel accord qui ne prendra effet qu’à partir de 2022, à l'issue de l'accord signé en 2018 qui arrive à échéance en fin d'année 2021. "Cela nous donne encore le temps pour définir le meilleur scénario", souligne Heiko Carrie. La direction précise par ailleurs qu'un plan de départ en pré-retraite, actuellement en cours, prévoit déjà de ramener l'effectif du site de Rodez à 1 100 salariés d'ici fin 2022.

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