«95 euros de pénalités pour trois minutes de retard», l’exemple a été remonté par Jean-Philippe André, le président de l’Ania, l’Association nationale des industries alimentaires, le 28 septembre. Dans ce contexte de tension sur les approvisionnements pour les industriels, mais aussi de difficultés à trouver de la main d’œuvre, notamment des transporteurs, les distributeurs font pleuvoir les pénalités logistiques. Le ministère de l’Agriculture, mais aussi son homologue de l’Industrie, ont franchi un cap ce vendredi 30 septembre dans l’espoir de faire plier la distribution. A l'occasion d'un compte-rendu du comité de suivi des négociations commerciales, ils ont appelé à un moratoire immédiat - mais non contraignant pour l'instant - sur les pénalités logistiques jusqu’à la fin de la crise traversée actuellement par le secteur.
Aldi, Lidl, Super U en bons élèvestruncate
Le cabinet de Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture, a par ailleurs annoncé dans la matinée du 30 septembre «que la porte n’est pas fermée pour aller au-delà d’un moratoire : on envisage un renforcement de la réglementation». «Une interdiction pure et simple de la pratique» a même été évoquée informellement dans la matinée. Mais le gouvernement a finalement écarté cette hypothèse, préférant insister sur «la possibilité de durcir les mesures et d'encadrer davantage le dispositif. La priorité actuelle reste toutefois bien de trouver une issue favorable et rapide à la situation».
«C’est incompréhensible, justifie-t-on du côté du cabinet du ministre de l’Agriculture, où l'on a déjà haussé le ton sur le sujet au début du mois. Il y a une démarche d’étouffement des industriels de la part de la distribution. Il n’y a pas de prise en compte des difficultés de production. Les taux de service demandés sont à la limite du raisonnable.» Le gouvernement annonce par ailleurs, quoique sans donner de chiffres, un nombre importants d’abus signalés à la DGCCRF, la direction générale de la répression des fraudes, rattachée au ministère de l’Economie. Quelques bons élèves sont toutefois exemptés de la critique : il s’agit des enseignes allemandes Lidl et Aldi, qui n’ont pas cette culture des pénalités logistiques, et de Super U, qui a créé un cadre partenarial avec ses fournisseurs pour limiter ces dernières.



