Après «le mur infranchissable de l’inflation » de la Coopération agricole, voici « le tsnunami de coûts » de l’Ania. Logistique, emballages, électricité, gaz et matières premières agricoles : tous les postes de coûts sont à la hausse avec des pénuries persistantes. Président de l'Association nationale des industries alimentaires, Jean-Philippe André a exprimé, le 28 septembre sur France Info, ses plus vives inquiétudes face à un contexte économique totalement chamboulé. « On est devant un tsunami de coûts dans le secteur alimentaire. J'ai en tête des sociétés qui relèvent de la charcuterie où le coût de l'énergie est de 2,5 millions en 2021, ce coût passe à 6 millions maintenant et à 14 millions l'an prochain », a affirmé le président de l’organisation professionnelle.
Dans le cadre de sa conférence de presse de rentrée, l’Ania a chiffré les hausses. Soit +26% pour le coût des emballages depuis janvier 20221 à rapporter aux +2,8% enregistrés entre 2019 et 2020. Cette moyenne cache de très fortes disparités avec des qualités de papiers et cartons à plus de 50%. Le manque de bouteilles en verre devient criant. Pour l’énergie, la hausse de 57% est sans commune mesure avec les 2,2% de l’exercice précédent. Conséquence : la part de l’énergie dans le chiffre d’affaires passe de 3% en 2020-2021 à plus de 5% en 2022. Pour les très petites (TPE) et moyennes entreprises (PME), cette part est plutôt de 7%.
Négociations commerciales
« Cherchez l’erreur ! » Jean-Philippe André revient sur l’épineux dossier des négociations commerciales avec deux chiffres. Depuis 2008, les marques de distributeurs (MDD) ont augmenté de 15,19% contre 0,3%3, pour les marques nationales. Alors que les négociations commerciales de 2023 s’ouvrent, la moitié des entreprises n’ont pas terminé l’ensemble de leurs renégociations avec la grande distribution pour 2022. « Pour celles qui les ont conclues, l’atterrissage des tarifs ne couvrent pas les besoins des entreprises. Le match est toujours déséquilibré après 3 rounds de renégociations avec encore des abus des distributeurs sur les pénalités logistiques », accuse l’Ania qui estime « urgent que certains dispositifs d’Egalim 2 soient modifiés pour prendre en compte la nouvelle réalité économique des entreprises ». De marteler que les « hausses en rayon » sont « justifiées ». Jean-Philippe André se veut solennel : « Être inquiet ce n’est pas un métier. Notre métier c’est nourrir les Français trois fois par jour. Si se nourrir est une nécessité, produire ne doit plus être un combat. Il faut que cela cesse et vite sinon demain on actera collectivement des rayons vides et après-demain des fermetures d’entreprises. »
Transition écologique
Ces tensions ont des conséquences immédiates sur les investissements et la transition écologique. 40% des entreprises interrogées dans le cadre du baromètre 2022 de l’Ania envisagent dès 2022 des reports d’investissements sur les emballages, et 33% sur la décarbonation.



