Le futur directeur général de Renault, Luca de Meo voit un "défi" dans son redressement

Le futur directeur général de Renault, Luca de Meo, a pris la parole pour la première fois lors de l’assemblée générale du constructeur. Il voit dans le redressement du groupe un "challenge".

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Luca de Meo Renault
Luca de Meo, futur directeur général de Renault, s'est exprimé pour la première fois lors de l'assemblée générale du groupe.

Une première apparition avant sa prise de poste officielle. L’ancien dirigeant de la marque Seat, Luca de Meo, a pris pour la première fois la parole lors de l’assemblée générale de Renault, vendredi 29 juin. Dans moins de deux semaines, le 1er juillet, ce dirigeant italien deviendra le nouveau directeur général du constructeur tricolore, succédant à Clotilde Delbos qui avait assuré jusqu’à présent l’intérim. Dans un français impeccable, Luca de Meo a indiqué revenir "au sein du groupe d’abord pour le challenge". "Redresser un des plus grands et prestigieux constructeurs automobiles mondiaux est peut-être à ce jour un des plus beaux défis que j’ai eus" a déclaré celui qui a commencé sa carrière au sein du groupe français, avant de rejoindre notamment Fiat, puis Volkswagen.  

"Je suis tout à fait conscient de la difficulté de la situation de l’entreprise, aggravée par un contexte économique adverse et sans précédent", a-t-il insisté lors d’une conférence retransmise sur internet, épidémie de coronavirus oblige. "Le sentiment d’urgence est partagé à tous les niveaux. Nous en avons besoin. La mobilisation de tous est absolument nécessaire en ce moment. […] J’ai confiance en la capacité du groupe à s’en sortir".

Et de souligner les atouts de Renault : "J’ai vu de grands produits dans la gamme actuelle et de grands projets dans le futur, cela remplit de joie le cœur d’un passionné de l’automobile comme moi", avant de citer des modèles comme la Zoé électrique, la Clio et la marque Alpine, dont l’avenir semble suspendu avec celui de son usine de Dieppe (Seine-Maritime).

Un plan stratégique dans "la continuité parfaite du plan d’économies"

Luca de Meo s’est également félicité de l’appui de l’Alliance avec Nissan et Mitsubishi, qui a présenté il y a quelques semaines une nouvelle stratégie de "leader-follower" visant à accroître les synergies. D’après le dirigeant italien, le plan d’économies présenté par Renault représente "aussi un premier pas essentiel pour le redressement de Renault". "Toute l’équipe aura tout mon appui et mon énergie pour le mettre en place", a déclaré Luca de Meo, à quelques jours d’un nouveau CCSE prévu à la fin du mois de juin. Et ce, alors que de plusieurs organisations syndicales s’opposent aux mesures envisagées par la direction, à l’image de la CFDT qui a dénoncé le 16 juin dans un communiqué "un plan de réduction des coûts opportuniste et dangereux pour le groupe Renault en France".

Interrogé sur ce dossier lors d’une session de questions-réponses, le président de Renault Jean-Dominique Senard a réagi en estimant que "ce plan serait intervenu même sans la pandémie". "La crise du Covid n’a pas modifié cette orientation. Ce plan était de façon nécessaire, mais la pandémie a rendu plus légitime la nécessité de le mettre en œuvre. C’est une étape essentielle pour permettre à une vision et une stratégie de se déployer de façon harmonieuse", a martelé Jean-Dominique Senard. D’après l’ancien dirigeant du fabricant clermontois de pneumatiques Michelin, "le plan stratégique que Luca de Meo présentera publiquement d’ici quelques mois, se situe dans la continuité parfaite du plan d’économies" qui vise à atteindre un gain de plus de deux milliards d’euros sur trois ans.

De nouveaux produits chez Renault

La présentation des nouvelles orientations stratégiques définies par Luca de Meo pour Renault ne devraient pas intervenir avant "la fin de l’année ou le début de l’année prochaine". Lors de son discours, le futur directeur général a fait état de trois axes de travail : "une marque à reconstruire, une situation financière à remettre d’aplomb, des talents à fédérer". "Nous allons avancer tout en restructurant en profondeur l’organisation et le modèle de business de l’entreprise, en dépit des mois et années difficiles à venir", a constaté Luca de Meo. Connu pour avoir relancé la célèbre Fiat 500, ce spécialiste des ventes et du marketing aura notamment pour mission de présenter un nouveau plan produit.

Malgré des modèles phares, la marque Renault a connu des ratés. Les Espace et Scénic ont subi la concurrence frontale des SUV. L’offre développée par Renault pour surfer sur cette mode a elle-même rencontré un succès mitigé. Entre 2017 et 2018, les ventes du Kadjar se sont contractées de plus de 13% à 134 000 unités, tandis que celles du Captur ont augmenté de moins de 0,5% à 247 000 ventes. En parallèle, Renault va devoir maintenir sa position de pionnier de l’électrique dans un contexte radicalement de concurrence accrue. Pour atteindre ses objectifs de CO2, le groupe compte sur le lancement déjà acté de la Renault Twingo et de la Dacia Spring électriques cette année, ainsi que des versions hybrides des Renault Clio et Captur, en plus de la Zoé.

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