Fin du suspense. Après plusieurs mois de rumeurs, le groupe Renault a acté mardi 28 janvier la nomination de l’ancien patron de la marque espagnole Seat, Luca de Meo, à la direction générale, en remplacement de Thierry Bolloré, écarté en octobre dernier. Sa prise de fonctions sera opérationnelle à partir du 1er juillet prochain.
L’homme de 52 ans se serait ainsi distingué parmi une foule d’autres profils évoqués par la presse au cours des derniers mois, parmi lesquels Patrick Koller, actuel dirigeant de l’équipementier Faurecia, ainsi que Henri Poupart-Lafarge, le PDG d’Alstom. D’autres noms avaient également circulé, comme celui de l’ancien directeur général de Renault, Patrick Pélata, écarté de ses fonctions en 2011 à la suite de l’affaire des faux espions.

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Avec Luca de Meo, Renault se dote d’un pur produit de l’automobile. Et lui offre un retour aux sources, puisque cet Italien né à Milan a débuté sa carrière chez Renault. Il rejoint ensuite Toyota Europe, avant d’intégrer le groupe Fiat. En tant que directeur marketing, Luca de Meo réussit le coup de force de relancer la marque italienne avec une version réinventée de la citadine 500, dont le succès continue aujourd’hui de porter les résultats du constructeur. Un projet qu’il abandonne en quittant le navire Fiat en 2009 au profit de Volkswagen, où il gravit peu à peu les échelons pour devenir enfin en 2015 responsable de Seat, en pleine tourmente du scandale des moteurs diesel truqués.
Un temps en péril, la marque espagnole affiche aujourd’hui de solides résultats. De janvier à novembre 2019, Seat a vendu plus de 542 800 voitures à travers la planète, une progression de 10,3% par rapport à la même période en 2018. "En termes de parts de marchés et de prix, la politique de Seat apparaît plutôt convaincante", estime Bernard Jullien, maître de conférences à l’université de Bordeaux. Au fil des années, la marque est devenue le fer de lance du groupe Volkswagen dans le domaine des nouvelles mobilités. Un sujet largement porté par Luca de Meo… Qui admet volontiers que "la voiture n'est pas toujours le moyen de transport idéal en ville", relatait il y a peu Les Echos.
Expert de la vente et du marketing
"Luca de Meo coche plusieurs cases : il bénéficie d’une bonne connaissance de l’entreprise et de l’automobile, du fait de son passage chez différents constructeurs. Surtout, il dispose d’une expertise dans les domaines du marketing, la fixation des prix et l’animation des politiques commerciales qui devrait profiter aux produits de Renault", détaille Bernard Jullien. Certains modèles du groupe ont connu des résultats en demi-teinte, à l’image des Espace et Scénic, victimes de la popularité des SUV. Pas de quoi profiter aux résultats de Renault, qui s’est résigné à annoncer mi-octobre un chiffre d’affaires en baisse de 3 à 4% pour 2019, contre un objectif initial équivalent aux résultats 2018.
Certains observateurs mettent également en avant la fibre sociale du dirigeant automobile italien. Une qualité qui aurait joué en sa faveur… Au moins auprès du président Jean-Dominique Senard dont il était, d’après certaines sources, le favori. De quoi lui permettre de remobiliser des salariés de Renault bousculés par certaines méthodes de management dont aurait fait preuve son prédécesseur, Thierry Bolloré. Son expertise apparaît en revanche moins claire dans le domaine de l’ingénierie et du management industriel, lui qui est diplômé en administration des affaires à l'Université commerciale Luigi Bocconi de Milan.
Luca de Meo devra enfin se former aux méthodes en vigueur dans les groupes japonais, son expérience chez Toyota s’étant limitée au spectre européen. Une autre priorité pour ce polyglotte. L’homme parle déjà italien, anglais, allemand, espagnol et français… Et pourrait bientôt ajouter à cette longue liste le japonais, pour atteindre la lourde mission qui devrait lui incomber, à savoir retisser les relations distendues entre Renault et ses deux partenaires Nissan et Mitsubishi. Avec cette nomination, le groupe Renault peut enfin espérer voir une issue à la période agitée ayant suivi l’arrestation, en novembre 2018, de son ancien responsable Carlos Ghosn.
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