Ventes mondiales en retrait pour Renault et PSA en 2019. Dans un marché global en recul de plus de 4%, les deux constructeurs automobiles français ont vu leurs volumes se contracter à 3,8 millions de véhicules pour Renault (-3,4%), et 3,5 millions de voitures pour le groupe au Lion (-10%). Une différence de performance en faveur du groupe au Losange, qui s’explique notamment par les bons résultats de sa gamme « low cost ». Sur l’année écoulée, Dacia a enregistré une progression de 5%, à plus de 736 000 voitures vendues. A l’inverse, la marque Renault a enregistré un recul de presque 7% à 2,3 millions de voitures.
PSA a de son côté vu ses ventes s’effriter en Europe de 2,5% à un peu plus de 3 millions de véhicules en 2019, plombées par les marques Opel-Vauxhall. Celles-ci ont connu un recul de plus de 6%, à 940 000 unités vendues sur le Vieux Continent. Pas de quoi rassurer les salariés des deux marques rachetées à General Motors (GM) en 2017, qui pourraient voir encore leurs effectifs fondre de 4 100 personnes, dans le cadre d’un plan de départs volontaires annoncé à la mi-janvier.

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La Chine, un défi pour Renault et PSA
Pour PSA, ce recul sur son premier marché (86% des ventes l’année dernière) apparaît d’autant plus problématique que sa dépendance à l’Europe s’est accrue en 2019. Et ce, alors que le constructeur cherche depuis plusieurs années à accélérer son expansion internationale. Mais sur ses trois principaux débouchés hors d’Europe, les reculs observés en 2019 sont également significatifs : -43% en Afrique du Nord et Moyen-Orient, -22% en Amérique Latine et surtout de -55% en Chine et Asie du Sud-est.
Avec un peu plus de 117 000 unités vendues, PSA semble désormais bien loin de l'objectif initial annuel d’atteindre un million de voitures vendues dès… 2018. Des difficultés que Renault partage. Malgré l’intégration des marques chinoises Jinbei et Huasong, le constructeur a vu ses ventes se contracter de 17% en 2019 à un peu plus de 179 000 unités, sur un premier marché automobile mondial en souffrance. D’après les estimations, les ventes en Chine auraient reculé d’un peu plus de 7% en 2019, pour la deuxième année consécutive. Une forte rupture, après une vingtaine d’années de croissance.
Des ventes d’électriques en progression
A la veille de la mise en place de la nouvelle réglementation sur les émissions de CO2 en Europe, les deux constructeurs connaissent en revanche une progression de leurs ventes d’électriques. Chez Renault, la proportion a grimpé dans le monde de 23%, à plus de 62 000 unités. Même tendance chez PSA, qui a écoulé en 2019 presque 18 000 voitures 100% électriques. Des différences de volumes qui s’expliquent par le positionnement précoce de Renault dans l’électrique, avec le lancement dès 2012 de sa Zoé. PSA promet de son côté d’électrifier ses gammes à hauteur de 50% en 2021, puis à 100% en 2025.
Une conversion essentielle pour respecter le seuil de 95 grammes de CO2 par véhicule et kilomètre, dont la mise en place s’amorce dès cette année. En cas de non-respect, les constructeurs opérant en Europe pourraient s’exposer à de lourdes amendes. Or, d’après le cabinet LMC Automotive, les groupes restent encore loin de l’objectif qui leur est assigné. Au troisième trimestre 2019, le meilleur se trouvait à 6 grammes de la limite fixée, tandis que le pire affichait une moyenne supérieure de 40 grammes au seuil imposé. Mais les groupes devraient chercher à booster leurs ventes dès janvier.



