Les steaks végétaux contre-attaquent. Les nouveaux venus de la protéine alternative, comme la start-up HappyVore, ont obtenu la suspension du décret interdisant de nommer les produits contenant des protéines végétales selon des dénominations empruntées à la viande. Le Conseil d’Etat a suspendu ce 10 avril le décret qui prévoyait d'interdire d’utiliser les dénominations carnées comme «jambon», «steak» ou «escalope» à compter du 1er mai.
Aux juges européens de trancher
«Le juge des référés estime qu’il existe un doute sérieux sur la légalité de cette interdiction», indique l’instance.
La publication de ce décret fin février (en plein mouvement de colère des agriculteurs en Europe) était le dernier épisode d’une longue bataille entre lobby de la viande et de la protéine alternative. L’interdiction qui serait entrée en vigueur au 1er mai n’aurait concerné que les produits fabriqués en France. A charge pour la Cour de justice de l’Union européenne, saisie de l’affaire, de régler cette querelle gauloise.
Le débat sur l’interdiction des dénominations animales pour les produits végétaux dure depuis 2017. Ce n’est pas le premier décret suspendu par le Conseil d’Etat. «Saisi en urgence, le juge des référés du Conseil d’État avait partiellement suspendu en juillet 2022 [le] premier décret. (…) Un nouveau décret du 26 février 2024, abroge le décret de 2022, tout en reprenant des mesures pratiquement identiques, à compter du 1er mai», rappelle le Conseil d’Etat. La bataille n’est pas finie.



