La stratégie de TotalEnergies de faire du stockage sous-marin de CO2 un business semble fonctionner. Après la Norvège, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, c’est au tour du Danemark de choisir l'entreprise française pour séquestrer son CO2 industriel, mais aussi celui de son voisin allemand, dans ses eaux en mer du Nord. Ces permis portent au total sur une surface de 2 118 kilomètres carrés à environ 250 kilomètres de la côte occidentale du Danemark.
Une des licences concerne les champs gaziers de Harald, actuellement opérés par TotalEnergies et qui font déjà l’objet d’une étude de conversion au stockage de CO2 dans le cadre du projet Bifrost. L’autre permis concerne l’exploration d’un aquifère salin susceptible d’augmenter les volumes stockés pour atteindre plus de 5 millions de tonnes de CO2 séquestrés par an. Si la géologie du premier champ est bien connue, pour le second il va falloir mener des études plus poussées avant le forage d’un puits exploratoire vers 2025.
Contrairement au projet norvégien Northern Lights dans lequel TotalEnergies opère avec Shell et Equinor le transport et le stockage sous-marin du CO2, le français ne s’occuperait pour le projet danois que du stockage en collaboration avec l’entreprise publique Nordsøfonden, qui ne détiendrait que 20% du projet. Le transport par un pipe gazier existant en mer, et d’autres à terre à construire, serait opéré par l’Etat danois.
Deux licences limitées au stockage sousmarin
Il est trop tôt pour savoir qui paiera pour accéder à ce stockage de CO2. Mais, le Danemark, qui veut avoir réduit ses émissions de carbone de 70% en 2030 et être négatif en carbone en 2050, est très motivé pour créer de nouveaux puits de carbone. En décembre 2021, le gouvernement avait débloqué un budget de 2,2 milliards d'euros (16 milliards de couronnes danoises) pour développer des projets de captage, d'utilisation et de stockage du carbone (CCUS).
À ce stade, aucune décision d’investissement n’est bien sûr prise. «On devra être sûr que les infrastructures de transport seront bien développées en collaboration avec les autorités danoises», explique Martin Pedersen, responsable des activités de TotalEnergies dans le pays. Mais ce projet de CCS «contribuerait fortement à notre objectif de 10 Mt de CO2 stockées par an à l’horizon 2030 », explique le responsable de TotalEnergies. Un objectif-clé dans la stratégie de neutralité carbone du groupe pétrogazier français.



