Le site d’ArcelorMittal à Dunkerque (Nord) va pouvoir réduire ses émissions de dioxyde de carbone (CO2). Le plus gros site sidérurgique de France vient de recevoir les premiers modules de captage du CO2, développés dans le cadre du projet 3D (DMX Demonstration in Dunkirk). Ce projet de près de 20 millions d’euros est financé en majorité par l’Union européenne, à travers le mécanisme Horizon 2020.
4400 tonnes de CO2 retenues par an
Le démonstrateur pilote, nommé DMX, a pour vocation de démontrer l’efficacité du procédé de capture du CO2 à l'échelle industrielle. Les modules ont été conçus par l’entreprise ETCI (Entreprise Tuyauterie Chaudronnerie Industrielle) basée à Lens (Nord) et ont été montés sous la supervision de l’entreprise Axens, spécialisée dans la pétrochimie et les énergies renouvelables.
Sur le site de Dunkerque, se dresse désormais une tour de 22 mètres qui intègre l’ensemble des modules de capture du CO2. Le génie civil sera bientôt achevé, marquant la fin de la phase de construction, indique ArcelorMittal dans un communiqué du 6 janvier 2022. Les tests "à froid" démarreront au mois de mars 2022 puis les tests "à chaud" en mai 2022. Cette installation pilote sera capable de capter dans les gaz sidérurgiques émis lors de la production d'acier dans les haut-fourneaux, environ 4400 tonnes de CO2 par an. Pour rappel, l’industrie sidérurgique est responsable d’environ 5% des émissions globales de CO2.
ENLAPS Vue panoramique du site d'ArcelorMittal à Dunkerque. Crédit photo : ENLAPS.
Onze partenaires dans le projet de captage du CO2 à Dunkerque
Lancé en 2019, le projet « 3D » rassemble 11 partenaires : ArcelorMittal, Axens, IFPEN, TotalEnergies et sa filiale Greenflex, ETHZ, DTU, AirProduct, John Cockerill, Gassco, Brevik Engineering et Uetikon Novacap Group. ArcelorMittal prévoit de passer à la phase industrielle du captage du CO2 à Dunkerque d’ici à 2025, en captant 125 tonnes de CO2 par heure, soit plus d’un million de tonnes par an. Le captage du CO2 permettrait de réduire de 8% les émissions du site de Dunkerque d'ici à 2030. Un effort qui s'ajoute aux deux autres axes de décarbonation : l'acier recyclé (-8%) et l'innovation sur les hauts-fourneaux (-17%).
Les projets de capture du CO2 se multiplient dans l’industrie. Après les centrales à charbon, cette technologie acquiert peu à peu ses lettres de noblesse dans d’autres industries comme le pétrole, le gaz, le ciment et l’aluminium. Non loin de Dunkerque, le projet K6 ambitionne de stocker le CO2 de la cimenterie d'Eqium à Lumbres (Pas-de-Calais).



