Le 16 février 2023, le groupe Lactalis et la Société Laitière de Craon (Mayenne) ont été mis en examen pour «inexécution de mesures de retrait et rappel», «tromperie aggravée» et «blessures involontaires» avec obligation de consigner la somme de 600 000 euros.
Cette décision d’un juge d’instruction au pôle santé publique du parquet de Paris fait suite à une enquête préliminaire démarrée fin 2017, après la découverte de plusieurs cas de contaminations de nourrissons par du lait contaminé à la salmonelle. Santé Publique France avait recensé 37 nourrissons contaminés début 2018, même si selon l’Association pour la santé des enfants, qui regroupe des centaines de familles s’étant portées parties civiles, la contamination avait touché «des centaines d’enfants» en décembre 2017 et janvier 2018.
Des manquements à plusieurs échelles
Cette affaire avait révélé des défaillances à plusieurs niveaux : à celui de Lactalis, qui aurait détecté des salmonelles à l’usine de Craon dès le mois d’août 2017 ; au niveau de plusieurs enseignes de la grande distribution, qui avaient avoué avoir vendu des produits laitiers concernés par la procédure de rappel ; également à celui du laboratoire d’analyses, Eurofins, mis en cause par Emmanuel Besnier, PDG de Lactalis ; et enfin, les autorités publiques, accusées par l’ONG Foodwatch, également partie civile, d’avoir «failli à garantir la sécurité sanitaire» alors que le site de Craon avait déjà connu une contamination par la même bactérie en 2005.
Foodwatch salue cette «avancée». Pour l’ONG, c’est une «bonne nouvelle que nous [Foodwatch] et de nombreuses familles de bébés victimes attendions». Les parties civiles attendent avec fébrilité la prochaine étape, et souhaitent obtenir «un procès devant le tribunal correctionnel». Pour l’instant, le parquet de Paris ne communique pas sur les potentielles prochaines étapes.



