Un pavé dans la mare de Lactalis. Le média d’investigation Disclose a révélé mardi 24 octobre «des manquements et des pratiques douteuses au sein des usines françaises du groupe», après avoir obtenu des «rapports d’inspection issus de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) [concernant] 33 usines». Des manquements aux règles d’hygiène et aux procédures de contrôle sont notamment pointés du doigt.
Exemple parmi d’autres : l’usine Celia (Craon) de Lactalis, pourtant mise en cause en 2017 dans l’affaire de contamination à la Salmonelle de lait infantile, où différents contrôles rapportent des manquements successifs. Deux ans après le scandale, une visite des services de l'Etat amène à constater «un non-respect de la totalité des procédures de nettoyage». «Les avertissements ne sont pas coercitifs… Ce qui alimente le sentiment d’impunité», témoigne aussi un agent de la DGCCRF dans les colonnes de Disclose.
Le gouvernement mis en cause
L’enquête va jusqu’à mettre en cause les ministères de l’Economie et de l’Agriculture, accusés d’avoir voulu enterrer ces rapports. «Ces documents, nous les avons réclamés à plusieurs directions départementales de la protection des populations, en janvier 2022, au nom du droit d’accès à des documents administratifs. Alertés, les ministères de l’Economie et de l’Agriculture ont pris le dossier en main. (…) Résultat, sous couvert de protection du «secret commercial», les rapports nous sont parvenus expurgés des passages les plus embarrassants pour l’industriel», rapporte l’enquête.
«Ces rapports font mention de sujets de natures très différentes ; les additionner n’a aucun sens», a réagi le groupe Lactalis contacté par Disclose avant la publication de l'enquête. Le groupe a par ailleurs fait parvenir un communiqué dans la foulée des révélations. «Disclose fait référence à des rapports administratifs vieux de 4 à 8 ans (publiés entre 2015 et 2019)», se défend Lactalis, arguant notamment d'investissements réalisés depuis sur certaines lignes de production mises en cause. «Bon nombre de rapports des autorités soulignent la bonne gestion de nos sites de fabrication sans que Disclose n’y fasse mention, fustige par ailleurs le spécialiste des produits laitiers. Nous considérons que ces allégations relèvent d’une démarche partisane qui ne reflète en rien la bonne qualité sanitaire de nos produits.»



