Un centre de données posé sur un catamaran, immergé aux deux tiers et entouré de panneaux solaires pour alimenter les systèmes auxiliaires (pompes, monitoring...). Un projet inauguré le 9 octobre dernier par Denv-R le long de la Loire, en plein cœur de la ville de Nantes (Loire-Atlantique). Il permettrait de diviser par deux les coûts et l’empreinte écologique par rapport à un centre de données classique, selon la start-up tricolore créée en 2021 et basée à Guérande.
Ni pompage d’eau ni climatisation pour le refroidissement
«Le but est d’utiliser au maximum les éléments naturels.Lorsque l’air extérieur est suffisamment froid, c’est cet air, filtré, qui vient refroidir les caissons. Lorsqu’il fait plus chaud, c’est un système de refroidissement liquide qui prend le relais. L’échangeur thermique, qui est immergé, va être refroidi par l’eau du fleuve. Le but étant d’être le plus passif possible», explique Vincent Breton, cofondateur de Denv-R avec Maxime Rozier. Le résultat de sept années de recherche, qui ont abouti à la création d’un système breveté de refroidissement hybride en circuit fermé qui fonctionne sans pompage d’eau ni climatisation. Et qui permet, selon l’ingénieur spécialisé dans l’analyse de données de réduire de 30% la consommation énergétique et l’empreinte écologique liées au refroidissement des serveurs. 15% de gains supplémentaires seraient réalisés grâce à l’alimentation en courant continu.
Pour l’heure, c’est un démonstrateur de 200 kWh qui stocke les données d’une dizaine de clients locaux, administrations et PME. Il doit d'abord permettre de valider les choix technologiques effectués par la pépite française. En parallèle, la structure doit aussi prouver l’intérêt économique et environnemental de la solution. À terme, les deux associés de Denv-R espèrent monter jusqu’à 1 mégawatt.
Un système modulaire aisément démontable
Le bâtiment de 10 mètres de long et de 6 mètres de large est composé d'un flotteur sur deux coques reliées entre elles par une structure modulaire, facilement démontable. Pour la construire, Denv-R s’est appuyé sur GEPS Techno, un bureau d'étude de Guérande spécialisé dans les solutions flottantes qui produisent de l'énergie. «Notre structure est en acier recyclable et modulable. Surtout, elle ne nécessite pas d’études du sol, ce qui permet de la construire en quelques mois et de développer un réseau d’alimentation 10 fois plus vite qu’un centre de données traditionnel», assure Vincent Breton.
Toujours dans une logique de réduction de l’empreinte écologique, le démonstrateur intègre autant que possible des éléments recyclés. Une écoconception qui, selon le cofondateur de Dev-R, «permet de diviser par deux les coûts, qui sont habituellement de 10 millions d’euros pour un centre de données d’un mégawatt.»
Pour ce prototype, le coût de l’investissement a été d’environ un million d’euros, financé à hauteur de 280000 euros par la région Pays de la Loire, la Banque des territoires apportant une subvention de 50000 euros. Le restant vient de prêts et de fonds propres, Denv-R ayant réalisé l’année dernière un chiffre d’affaires de 100000 euros. Si l’expérience nantaise s’avère fructueuse, Denv-R, qui est déjà en pourparlers pour des projets à Hambourg (Allemagne), Angers et Paris, espère multiplier les petits centres de données à travers l’Europe pour stocker les données d’administrations et de PME locales. Et faire grossir sa petite équipe de deux personnes.



