L'interface d'IA générative française Mistral AI serait moins gourmande que ses concurrentes américaines. C’est ce que révèle une étude qui compare l'impact environnemental de ChatGPT, Claude (Anthropic), Copilot (Microsoft), Gemini (Google), Mistral AI et Perplexity.
Réalisé par l’agence digitale Razorfish (Publicis France) et le collectif Green IT, le troisième Baromètre de l’éco-conception digitale, présenté lors du GreenTech Forum à Paris le 6 novembre, se penche sur l'impact environnemental des interfaces d’IA générative.
Actuellement, l’utilisation de l’intelligence artificielle ne représente que 0,4 à 1% du budget annuel soutenable d’une personne (c’est-à-dire une consommation respectant les limites planétaires) selon le collectif GreenIT. Une part qui peut sembler faible mais qui ne cesse d’augmenter, alors que le numérique représente déjà plus de 40% du budget annuel soutenable d'un Européen (environ une tonne), soit 10 fois trop selon GreenIIT.
La création d'image particulièrement énergivore
Le français Mistral AI, qui aurait notamment moins recours que ses concurrents à des photos dans ses résultats de recherche, serait le plus sobre. On trouve ensuite ChatGPT, suivi de Perplexity et Gemini, puis Claude. A la dernière place, l’application Copilot serait la plus gourmande. Et la différence serait significative, assure Frédéric Bordage, expert du collectif GreenIT. «Parmi les 5% de Français qui utilisent souvent l’intelligence artificielle (à raison de cinq prompts par semaine), si tous passaient de Copilot à Mistral IA, les émissions équivalent CO2 seraient inférieures de 141 tonnes (soit 20 tours du monde en voiture), et de 2 millions de litre d’eau (soit 6,5 millions de canettes)».
L'évaluation est basée sur deux critères, les émissions de gaz à effet de serre (GES) et la consommation d’eau. «Pour déterminer le niveau de pollution généré par ces interfaces, nous avons utilisé notre algorithme Eco-Index, qui utilise trois critères techniques. La complexité de la page ou DOM (Document Object Model), le nombre d’aller retours entre le navigateur de l’internaute et les serveurs IA, et aussi le poids des pages. Ces différents éléments permettent d’aboutir à un score de performance environnementale», explique Frédéric Bordage.
Une invitation à limiter le nombre de prompts
A partir de ces trois éléments techniques, l’algorithme de GreenIT calcule une note de 0 à 100, et obtient un score d'éco conception compris entre A et G. Si les trois premiers du podium obtiennent la lettre C au lancement de leur interface, la note tombe à D pour tous après cinq ou six prompts. C'est le deuxième enseignement du rapport, estime Fréderic Borage, qui encourage à utiliser une seule requête plus élaborée. «On tombe à un score d'éco conception de 29/100 avec cinq prompts, contre 69/100 pour Mistral AI avec un seul prompt».
Du côté des IA créatives que sont Civitai, Dall-e, Firefly (Adobe), Leonardo AI, MidJourney et Pixlr, le score moyen d’écoconception est de D (40/100) au lancement des interfaces, et tombe à F (18/100) après 6 prompts. Quelque soit l'application, aucune n'obtient un score supérieur à E (30/100).



