Encore une occasion manquée par la France d’accélérer vraiment pour le climat. Pour la saison 5 (2022-2025) des certificats d’économie d’énergie (CEE), le gouvernement n’a pas osé détourner cet instrument original de sa vocation première : faire financer par les fournisseurs d’énergie une partie des travaux d’efficacité énergétique des Français, particuliers ou entreprises. Au prorata du volume d’énergie vendu, les « obligés » - Total, EDF, Engie et autres Eni ou Butagaz - se voient tous les quatre ans imposer un objectif de certificats d’économies d’énergie à produire, en incitant les Français à des travaux de rénovation, d’isolation ou d’amélioration de leurs systèmes énergétiques. Il leur en coûte environ 4 milliards d’euros par an, répercutés sur les factures d’énergie.
Certes, l’objectif pour la nouvelle période a été revu à la hausse de 17%, à 2 500 térawattheures cumac (TWhc), une unité exotique propre aux CEE, contre 2133 TWhc pour la période en cours, 2018-2021. C’est déjà ambitieux. Car dans la saison qui touche à sa fin, sans de multiples opérations de bonification et coups de pouce doublant artificiellement la valeur des certificats (pour des chaudières à 1 euro, l’isolation, les thermostats intelligents et même la réparation des vélos…) , les obligés n’arrivaient pas à atteindre leurs objectifs.
C’est promis, dans la saison 5, les coups de pouce seront limités à 25 % des objectifs et seront utilisés pour des opérations permettant aussi de réduire les émissions, comme le remplacement des chaudières au fioul ou à gaz peu performantes. Mais rien n’est réellement prévu pour améliorer l’efficacité climat de ces certificats. Aucun score carbone (ou empreinte carbone) associé aux travaux ou aux équipements ne serait demandé.
Dans la loi climat et résilience, en cours de vote au Parlement, cet outil pourtant très efficace pour aider un consommateur à choisir un produit ou service plutôt qu’un autre - comme on le constate avec le Nutriscore - ne sera testé que pour… le textile ! Et même l’efficacité réelle des travaux en termes d’économies d’énergie, évaluée au mieux à 46% par la dernière étude de l’Ademe, n’est pas un indicateur promis à l'amélioration. Dommage.



