A quelques hectomètres du nouveau terminus (Bagneux - Lucie Aubrac) de la ligne 4 du métro parisien, qui traverse la capitale du nord au sud, se cache un centre de maintenance flambant neuf, ceint par une fresque de 100 mètres de long signée Ricardo Mosner, qui raconte les souterrains de la ville.
A 17 mètres sous le sol, l’atelier de maintenance, accessible par un ascenseur, reçoit les rames de métro de la ligne 4 pour des interventions rapides (pas plus de deux heures). Bientôt complété par une station de lavage à mi-chemin entre le terminus et le centre d’intervention, cet atelier reçoit les rames sans conducteur. Fonctionnant avec deux équipes de deux personnes, il est opérationnel depuis le prolongement de la ligne 4 en début d’année.
Olivier Cognasse Une fresque de Ricardo Mosner pour égaie les murs extérieurs du bâtiment du centre de maintenance. Photo O.C.
Premières rames automatiques avec voyageurs
Dans l’atelier de Bagneux, deux rames sans conducteur transférées depuis la ligne 14 attendent sur les deux voies suspendues. Elles sont programmées pour venir jusqu’au centre de maintenance en automatique. « Nous assurons la petite maintenance, un peu comme un « Renault minute ». Pour les opérations plus importantes, les métros sont dirigés vers le centre de maintenance au nord de la porte de Clignancourt [terminus de la ligne au nord], explique Manuel Lepareur, agent de maîtrise maintenance sur la ligne 4. Nous intervenons pour des pannes de freins, des sièges abîmés, des portes qui ne fonctionnent plus bien, souvent à cause des voyageurs qui les ont forcées… »
Deux opérateurs examinent une rame d’essai stationnée. L’un des quatre moteurs ne fonctionne plus et un convertisseur d’alimentation est également défectueux. « Nous avons réparé sept rames hier, explique un technicien. Le temps d’intervention est au minimum de 20 minutes et il faut ajouter un quart d‘heure à vingt minutes pour faire le tour de la rame, pour s’assurer que tout fonctionne. »
Olivier Cognasse L'atelier de maintenance de Bagneux abrite deux voies pour accueillir les métros qui ont subi une avarie. Des rames qui seront bientôt repeintes aux couleurs d'Île-de-France Mobilités. Photo O.C.
52 rames dont 20 de nouvelle génération
La marche à blanc avec six rames sans voyageur a commencé en juillet, mais la RATP va passer à une nouvelle étape avec l’insertion progressive de trains automatisés dans le trafic quotidien. La date de mise en service des premières rames avec voyageurs n’est pas encore connue (normalement courant septembre). A fin 2023, toutes les rames rouleront en automatique. Soit sept ans après le début, en 2016, des travaux réalisés sans interrompre le trafic, une prouesse déjà réalisée sur la ligne 1. Pour la sécurité, les quais des 29 stations de la ligne 4 sont maintenant tous séparés des voies par des portes palières.
Les 52 rames avec conducteurs (MP89CC) de la ligne 4 seront progressivement transférées sur la ligne 6, dont les modèles sont en fin de vie. Elles seront remplacées par les 32 rames en provenance de la ligne 14 (MP89CA et MP05) et par 20 rames neuves (MP14), par un jeu de chaises musicales opéré entre ces trois lignes. L'automatisation de la seconde ligne la plus fréquentée de Paris (environ 700 000 voyageurs par jour) permettra de faire circuler encore davantage de trains aux heures de pointe (actuellement un train toutes les deux minutes) et surtout d’éviter 70% des retards.
Olivier Cognasse 


