A Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), le long des voies de la ligne du RER A, le plus grand site de maintenance de la RATP date de 1970. C'est là que sont révisés les trains MI2N et MI09 à deux niveaux. Le centre s’étend sur 128 000 mètres carrés jusqu’à la gare de Boissy-Saint-Léger. Un lieu qui doit faire face à un défi majeur : celui de la pénurie de main-d'oeuvre. Le groupe de transport public doit recruter 6 700 personnes en 2022, dont 4 100 en France, essentiellement en Île-de-France. Mais travailler à la maintenance n’est pas aujourd’hui un métier qui fait rêver. D'où l'ouverture du lieu à quelques journalistes, dans l’espoir de susciter des vocations.
« Dans la maintenance, il y a 200 postes à pourvoir, dont 40 sur la partie RER, prévient Dominique Ladjimi, responsable des ateliers de maintenance des trains de la ligne A du RER pour le groupe RATP. A Sucy-en-Brie, nous cherchons quatre personnes, mais nous avons de plus en plus de difficultés pour recruter. Le vivier d’opérateurs non-qualifiés est vide. Nous sollicitons les écoles, les formations, les associations locales. La maintenance est la face cachée de l’entreprise. Ceux qui veulent rentrer dans l’entreprise sont plutôt intéressés par le métier de conducteur. »
Guittet Pascal Vérification des roues et des bogies.
Des trains en atelier toutes les six semaines

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La ligne A du RER transporte chaque jour 1,2 million de voyageurs (chiffre avant pandémie). C’est la plus chargée d’Europe. Elle compte 300 agents de maintenance et trois centres à Torcy, Rueil et Sucy pour s’occuper des 183 trains. A l’intérieur du bâtiment, des stocks de bogies, des espaces de travail, parfois très modernes, parfois d’un autre âge. Le bâtiment le plus récent abrite trois voies pour recevoir des rames entières de 112 mètres de long et procéder à la maintenance préventive. La plus récente permet de travailler sur les portes à niveau.
« Une rame rentre en atelier toutes les six semaines soit environ après avoir effectué 20 000 kilomètres », explique Charles Gautier, responsable de la maintenance préventive sur les rames de RER A. Toutes les clés sécuritaires permettant de s’assurer que l’électricité a bien été coupée sont retirées, et qu’il ne reste pas de courant dans les pantographes. Le train est nettoyé, les connectiques vérifiées, les portes et le freinage contrôlés. Le calibrage des portes est réalisé à tour de rôle.
Guittet Pascal Vérification du calibrage de l'épaisseur de la bande carbone du pantographe.
Exosquelettes et maintenance prédictive
Sur une rame MI09, des opérateurs s’affairent au niveau du toit. L’un d’entre eux mesure l’épaisseur de la bande carbone sur le pantographe et lime les irrégularités. Le métier a évolué. Fini le papier. Les salariés commencent à être équipés de tablettes, où ils peuvent consulter leurs ordres de mission, mais également des photos et des fiches techniques pour réaliser certaines opérations. C’est aussi un moyen de casser une image vieillotte de la RATP. D’ailleurs, elle teste des exosquelettes et se dirige de plus en plus vers la maintenance prédictive, alors que les trains sont équipés de capteurs. « Avant les gens rentraient à la RATP pour y faire leur carrière, indique-t-on au centre de maintenance. Maintenant, certains démissionnent après cinq ans pour devenir VTC. »
« Pour la maintenance des RER, nous recrutons des opérateurs non qualifiés, des mécaniciens qualifiés (CAP et BEP) et des techniciens (Bac pro), rappelle Charles Gautier. Les salaires sont de 1 580 à 1 790 euros brut à l’embauche, avec un treizième mois et des primes. » Des salaires qui ne sont pas non plus exceptionnels… Mais la RATP met l’accent sur la formation. Une première partie théorique de quelques jours en interne, notamment sur le fonctionnement du train, puis la pratique en doublon pendant six mois avec un agent expérimenté.
« Devenir mécanicien »
Erwan, un jeune opérateur, assure le dégraissage et le graissage des portes, avant qu’un autre n’assure le calibrage. « Au départ, je voulais devenir mécanicien auto, mais c’était compliqué avec la pandémie. Plusieurs membres de ma famille travaillent à la RATP et m’en ont dit du bien. Je suis rentré comme opérateur, mais je vais faire une formation pour devenir mécanicien. » Une formation qui devrait durer sept mois.
Guittet Pascal Erwan, un jeune opérateur rentré récemment à la RATP, souhaite suivre une formation de mécanicien.
Sur les 6 700 personnes que la RATP souhaite recruter, 3 300 le seront pour sa filiale RATP Dev (dont 2 600 à l'international). En Île-de-France, les 3 400 recrutements seront répartis entre des CDOI et des contrats d’insertion et d’apprentissage. Des recrutements qui visent tous les métiers et surtout à remplacer les départs en retraite. Il s'agit aussi de faire face à la modernisation et l’accroissement du réseau francilien (prolongement des lignes 4 et 12 en 2022).
Toutes les photos : Pascal Guittet



