C’est à Avellino, près de Naples (Italie) que le groupe RATP et le constructeur d’équipements ferroviaires Wabtec, testent un système de freinage révolutionnaire. L’industriel américain, qui a racheté notamment le français Faiveley il y a quelques années, garde soigneusement le secret sur la composition de cette semelle de frein révolutionnaire qui s’intègre dans un système spécifique "Green Friction" et qui permet de supprimer au moins 90 % des particules liées au freinage.
Depuis des années, des études ont montré que la friction engendrée par le freinage générait une quantité importantes de particules (PM 1, PM2,5 et PM 10). Elle concerne tous les véhicules, voitures, bus, métros, trains. Le problème est plus criant sur le métro car il circule le plus souvent en sous-sol dans un environnement fermé.
Depuis des années, la RATP s’est penchée sur le sujet, notamment pour répondre aux inquiétudes de son personnel qui travaille en station et améliorer la qualité de l’air des espaces souterrains.
Tests sur un ban d’essai

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La solution de Wabtec, totalement nouvelle, est donc testé depuis fin octobre sur un banc d’essai équivalent à un frein à disque de matériel roulant ferré de type MI09 (RER A). "Les premiers tests concernaient la qualité de freinage pour s’assurer qu’elle est équivalente aux systèmes qui équipent actuellement les rames de métro, explique David Nanteuil, responsable technique de l’unité d’étude matériel roulant ferroviaire à la RATP. Ensuite, nous effectuerons les mesures de particules en masse et en nombre de particules, afin de vérifier que les performances annoncées sont identiques. Ces tests devraient nous mener jusqu’à la fin de l’année. Ensuite, nous envisageons des essais sur une rame de RER A à Paris."
"Ces tests dynamométriques permettent de reproduire les conditions réelles d’exploitation du train pour les matériaux de friction des freins à disque. Ils se composent d’équipements de laboratoire pour compter et mesurer avec précision la taille et le nombre des particules générées par le frein à friction", explique la RATP.
Le but de cette solution est de l’utiliser sur des rames existantes, où le freinage mécanique est encore important. Car sur les rames les plus récentes, le freinage électrique est privilégié, et il permet de réduire significativement les émissions de particules.
Le freinage électrique beaucoup plus durable
"Le freinage électrique utilisé au maximum, notamment sur les rames automatisées, où il est possible de piloter la courbe d’accélération et de freinage, émet peu de particules, détaille David Nanteuil. Sur le MP 14 qui va équiper la ligne 14 automatisée, la part du freinage mécanique est limitée à 5%, sur les rames MF01, déployées sur les lignes 2, 5 et 9, nous sommes passés entre 2008 et 2018 de 21 à 15 % de freinage mécanique." L’automatisation de la ligne 1 du métro parisien, avec davantage de freinage électrique, des portes palières, une meilleure gestion du freinage et des ventilateurs a permis de réduire de 60 à 70 % les émissions de particules liées au freinage.
En attendant d’installer ce système de freinage innovant, la RATP travaille depuis des années sur des solutions permettant de réduire le taux de particules fines. "Quand on ajoute un ventilateur en inter station, on réduit les concentrations de particules dans l'air de 30 à 60 %, assure Sophie Mazoué, responsable développement durable du groupe RATP. Mais l’investissement est lourd. Entre 2016 et 2020, nous avons lancé un vaste programme d’investissement de 49 millions d’euros qui a permis de d’installer ou de renouveler 340 ventilateurs en tunnel et un programme de 57 millions d’euros est prévu pour la période 2021-2024."
En juin 2019, la RATP et la Région Île-de-France en partenariat avec Suez ont inauguré un dispositif IP’AIR de traitement de l’air par ionisation positive dans la station Alexandre Dumas (Paris 20e). "L’efficacité est une réduction des taux de particules dans l'air de 20 à 30% mais dans un rayon de 10 mètres, ce qui nécessite d’installer plusieurs caissons dans une station", prévient Sophie Mazoué.



