La production nucléaire mondiale pourrait doubler d’ici à 2050, selon l’AIEA

L’Agence internationale de l’énergie atomique a revu à la hausse ses prévisions de production nucléaire en 2050. C’est la première fois de l’accident de Fukushima au Japon, il y a dix ans.

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Fessenheim
En 2020, dans le monde, cinq réacteurs (5 521 MW(e)) ont été connectés au réseau et six (5 165 MW(e)), dont ceux de Fessenheim (Haut-Rhin) retirés.

Il ne s’agit pas encore vraiment d’une « nouvelle tendance », prévient l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA). Mais, pour la première fois depuis l’accident de Fukushima, au Japon, il y a dix ans, l’agence basée à Vienne (qui contrôle aussi la prolifération nucléaire et surveille le développement des technologies) a revu à la hausse ses prévisions de production d’électricité nucléaire à l’horizon 2050.

Les capacités installées atteindraient 792 gigawatts électricité nette (GW(e)) d'ici à 2050, contre 393 GW(e) en 2020. C’est 10% de plus que la précédente estimation haute, qui était de 715 GW(e) en 2050. Mais les projections du scénario bas indiquent que la capacité nucléaire mondiale en 2050 pourrait aussi stagner à 392 GW(e), comme actuellement.

Entre 6 et 12% du mix mondial

À la fin 2020, 442 réacteurs nucléaires étaient opérationnels et 52, pour une capacité totale de 54,4 GW(e), en construction. Cinq réacteurs (5 521 MW(e)) ont été connectés au réseau durant l’année et six (5 165 MW(e)) retirés. La production mondiale nucléaire a chuté en 2020 de 4%, à 2 553 TWh, alors que la production totale d’électricité ne reculait que de 2%. Pour mémoire, en 2020, l’électricité a représenté 19,4% de l’énergie consommée, soit 25 124 TWh.

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Cette évolution est, sans surprise, liée à la lutte contre le dérèglement climatique. Pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles, « de nombreux pays envisagent l'introduction de l'énergie nucléaire pour stimuler une production d'énergie fiable et propre », justifie l’AIEA. Mais la production mondiale d'électricité devant doubler au cours des trois prochaines décennies, notamment pour accompagner l’électrification de l’économie, la capacité de production d'énergie nucléaire devra augmenter considérablement pour maintenir sa part actuelle dans le mix énergétique.

Scénario hypothétique

Elle pourrait même faire mieux, selon l’AIEA, et représenter 12% de l'électricité mondiale en 2050, contre 10,2% en 2020. Pour la première fois, le nucléaire s'est d'ailleurs fait doubler par le solaire et l'éolien. Mais dans son scénario bas, faute de nouveaux investissements, le nucléaire recule à 6% du mix électrique mondial.

Pour que ces prévisions hautes se réalisent, l’AIEA table sur le développement des petits réacteurs avancés, mais aussi sur une meilleure gestion du vieillissement et d'exploitation à long terme. Environ deux tiers des réacteurs nucléaires sont en service depuis plus de 30 ans. Si certains ont été prolongés à 60 voire 80 ans ou devraient l’être, de grandes incertitudes demeurent toujours sur le replacement des vieux réacteurs, notamment en Europe et en Amérique du Nord. La réalisation du scénario haut reste donc pour l’instant encore très hypothétique.

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