Le marché des tests sérologiques du Covid-19 est en phase d’ouverture. Contrairement aux tests virologiques, permettant de dépister le SARS-CoV-2, la sérologie détecte la présence d’anticorps.
La France l’utilisera de façon massive afin de déterminer l’immunisation générale de la population. Les besoins seront vastes, et plusieurs industriels produisent déjà dans l’Hexagone. À l’image de Biomérieux, leader français du diagnostic, qui lance deux tests sérologiques, produits sur son site de Marcy-l’Étoile (Rhône), avec des capacités d’une dizaine de millions d’unités par mois. Ces tests sont automatisables, c’est-à-dire analysables seulement en laboratoire de biologie médicale à partir d’une prise de sang, et délivrant des résultats en trente minutes. Les autres productions portent sur les tests rapides et unitaires, délivrant un diagnostic en quelques minutes et pouvant être faits en laboratoire mais aussi en cabinet médical et en pharmacie, voire en autotest, directement par le patient. Sachant que pour ces deux dernières catégories, si le diagnostic se révèle positif, il devra être confirmé par un second test effectué en laboratoire.
Laurent Cerino - REA Biomérieux produira ses deux tests sérologiques sur son site de Marcy-L'Etoile, dans la région lyonnaise.© Laurent Cerino - REA
Au moins trois industriels en France ont démarré de telles productions. En région parisienne, AAZ, déjà engagé en virologie, a lancé un test sérologique rapide. Cette entreprise française est conceptrice mais sous-traite la production. Le test est assemblé depuis début mai à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise). Les capacités actuelles de 500 000 unités par semaine pourraient être décuplées dans les prochains mois, via d’autres sites, selon les besoins français, européens et africains.
AAZ L'entreprise francilienne AAZ assemble ses tests sérologiques à Villiers-le-Bel, dans le Val d'Oise. © AAZ
En Ille-et-Vilaine, NG Biotech a démarré des productions à Guipry-Messac où une seconde usine vient d’être livrée. L’objectif est d’atteindre 2 millions de tests par mois en juillet, puis de doubler avant la fin de l’année. Enfin, Biosynex a démarré le 15 mai une ligne sur son site d’Illkirch-Graffenstaden (Bas-Rhin). Quelque 600 000 tests seraient produits en mai, avec un objectif de 2 millions par mois en juillet avant d’atteindre 4 millions. Le groupe disposera d’une seconde unité à Lyon (Rhône) dans le cadre d’un partenariat et étendra ses capacités alsaciennes. Au 22 mai, la Direction générale de la Santé n’avait autorisé qu’une vingtaine de tests sérologiques, comme l’un des deux de Biomérieux, et ceux de NG Biotech et de Biosynex. Mais la liste n’est pas définitive et pourra s’allonger en fonction des approbations. Lesquelles ouvrent aussi une éligibilité au remboursement par l’Assurance-maladie.



