En plus des tests virologiques destinés à détecter les porteurs du SARS-CoV-2, les tests sérologiques seront l’un des armes principales de la lutte contre la pandémie et de la stratégie de déconfinement, en permettant de savoir qui est immunisé. C’est dans ce cadre que Biomérieux s’apprête à lancer deux tests sérologiques, sur sa plateforme Vidas, qui permettront de mesurer en 30 minutes environ la présence d’anticorps chez des personnes qui auront été touchées par le Covid-19.
Industrialisation en cours à Marcy-L'Etoile
Ces deux tests développés en France ont été soumis au Centre national de référence (CNR) pour être homologués mais ont déjà été validés en collaboration avec plusieurs hôpitaux, assure Biomérieux. Le groupe français de diagnostic a déjà engagé des moyens pour l’industrialisation sur son site de Marcy-L’Etoile (Rhône). Selon François Lacoste, directeur exécutif de Biomérieux, l’usine disposera de "capacités d’une dizaine de millions de tests par mois. En fonction de la demande nous pourrons ajuster".
Le lancement est prévu pour mi-mai, avec l’obtention du marquage CE, et l’utilisation dans la foulée pour des fins de recherche mais très rapidement pour des fins de diagnostic en population, assure le groupe. Biomérieux pourra le commercialiser aussi rapidement en Europe et entend également soumettre une demande d’autorisation d’utilisation en urgence auprès de la FDA, l’agence régulatrice américaine de produits de santé.
Matières premières en interne
Face aux tensions actuelles sur les matières premières pour les tests, en raison de la pandémie de Covid-19 et des besoins mondiaux en tests, François Lacoste précise que Biomérieux produira "en interne les matières premières critiques, comme les antigènes, pour être moins dépendant des fournisseurs extérieurs".
Biomérieux déjà présents dans les tests virologiques
Biomérieux est déjà présent dans le champ des tests virologiques, et non sérologiques, pour le dépistage de la maladie. En France, le groupe produit un test de diagnostic moléculaire (plateforme Argene) sur son site de Verniolle, dans l’Ariège, commercialisé notamment en France. "Nous fournissons aujourd’hui plusieurs centaines de milliers de ces tests par mois, et nous augmenterons pour mai et juin", précise François Lacoste. Par ailleurs, le groupe produit deux autres tests, respiratoires, depuis son usine de Salt Lake City, aux Etats-Unis, sur sa plateforme Biofire. Un marquage CE est attendu début juillet pour une commercialisation dans la foulée en Europe et donc en France. Là encore, il s’agit de tests virologiques, pour dépister les malades.



