La pénurie de puces, qui risque de perdurer jusqu’en 2022, voire 2023, donne un sérieux coup d'accélération aux investissements d’équipement de production des semi-conducteurs. Selon SEMI, le syndicat professionnel des équipementiers du secteur, ils devraient bondir de 34% en 2021 à 95,3 milliards de dollars (81 milliards d'euros), puis dépasser les 100 milliards de dollars (85 milliards d'euros) en 2022.
La pandémie de Covid-19 a accéléré la transformation numérique de la société, dopant les ventes de PC, tablettes, serveurs, téléviseurs ou encore consoles de jeu. A cela, s’ajoute l’essor rapide de la 5G, la dissémination de l’intelligence artificielle, le déploiement de l’Internet des objets ou encore l’électrification de l’automobile. Autant de facteurs qui augmentent de façon structurelle les besoins en puces.
Corée du Sud en tête
Tous les fabricants de puces sont engagés dans l’accroissement de leurs capacités de production pour répondre à la forte demande et aider à résorber la crise. SEMI recense 29 nouvelles usines en chantier d'ici 2022, pour un montant total de plus de 140 milliards de dollars (118 milliards d'euros). Cela se traduit par une flambée des investissements dans les trois segments de production: +34% à 81,7 milliards de dollars (69 milliards d'euros) en 2021, puis +6 % à 86 milliards de dollars (73 milliards d'euros) en 2022 pour les équipements de fabrication des plaquettes de puces, +56 % à 6 milliards de dollars (5 milliards d'euros) en 2021, puis +6 % à 6,4 milliards de dollars (5,4 milliards d'euros) en 2022 pour les équipements d’assemblage et de packaging, +26 % à 7,6 milliards de dollars (6,4 milliards d'euros) en 2021, puis +6 % à 8 milliards de dollars (6,7 milliards d'euros) en 2022 pour les équipements de test.
La Corée du Sud, terre de prédilection de la production de puces mémoires à travers ses champions Samsung et SK Hynix, bénéficie du retour de ce segment de marché à un cycle de croissance. Elle s’impose comme le plus gros dépensier en équipements de production en 2021. Elle est suivie par Taïwan grâce à son champion TSMC, numéro un mondial des services de fonderie de puces. La Chine, qui accélère sa course à l’autosuffisance dans les semi-conducteurs grâce notamment à son fondeur SMIC et ses fabricants de mémoires YMTC et CXMT, arrive en troisième place.




