La “génération deeptech”, comme l’appelle Bpifrance, a-t-elle vraiment la fibre entrepreneuriale ? C’est pour répondre à cette question que la banque publique d'investissement a interrogé, avec l’aide du réseau PhDTalent, 1700 chercheurs. Sondant leurs motivations et leurs connaissances de l’écosystème deeptech. Une question essentielle pour l’organisme, qui dans le cadre de son plan deeptech, doté de quelque 2,5 milliards d’euros, souhaite doubler le nombre de start-up issues de la recherche entre 2019 et 2023.
44% des jeunes chercheurs envisagent de créer leur start-up
Résultat ? Selon les chiffres publiés le 28 mai par les organismes qui se dédient à favoriser l’entrepreneuriat deeptech, près d’un jeune docteur sur deux envisage la possibilité de créer une start-up… mais la plupart n'a qu’une connaissance relativement faible de l’écosystème d’aide à l’innovation existant en France.
“44% des jeunes chercheurs envisagent la création de start-up comme une option pour leur carrière, et 57% d’entre eux affirment que s’ils le font, ce serait pour avoir un impact sur la société et pour transférer leur recherche”, détaille le directeur général de PhDTalent, Florian Andrianiazy. Un bon score, insiste-t-il : “si on regarde l’indice entrepreneurial français, qui pose la question de la même manière, le taux de personnes envisageant la création d’une entreprise n’est que de 19%. L’écart est très important”. Un constat à tempérer par les potentiels biais de l'étude, les jeunes docteurs les plus motivés ayant davantage de chance d’y répondre.
Développer la formation
L’étude montre aussi l’absence de liens forts entre l’université et l’entreprise, alors que seuls 20% des répondants se sentent encouragés par leur environnement de recherche à valoriser leur travaux de recherche à l’extérieur... Mais ont-ils vraiment besoin d'encouragements ? 80% ne perçoivent pas le monde de la recherche comme un frein à la création de start-up. Pas encouragés, mais pas découragés non plus.
Enfin, si la plupart des sondés considèrent qu’il est plutôt facile de se faire accompagner pour devenir entrepreneur en France, les sondeurs constatent leur méconnaissance des écosystèmes d’innovation existant. Ainsi la majorité des répondants ne peuvent citer de structure ou dispositif d’accompagnement ou d’exemples de chercheurs-entrepreneurs. “Les chercheurs savent qu’il y a un écosystème pour les accompagner mais ils ne savent pas qui fait quoi, nous avons besoin de programmes de terrain”, résume Florian Andrianazy.
Pour ce faire, Bpifrance et PhDTalent préconisent de promouvoir davantage l’entrepreneuriat auprès des doctorants, de renforcer la connaissance des dispositifs de soutien à la création d’entreprise, et d’augmenter l’offre de formation à l’entrepreneuriat auprès des jeunes chercheurs.



