En visite à l'Institut Pasteur, Emmanuel Macron promet 5 milliards pour la recherche

Jeudi 19 mars, le président Emmanuel Macron a annoncé une augmentation du budget de la recherche publique de 5 milliards d'euros sur 10 ans. Une annonce significative, mais qui semble en deçà des ambitions que se donnait la loi de programmation pluriannuelle de la recherche publique (LPPR), dont l'un des objectifs attendus était de porter le budget de la recherche publique à 1 % du PIB. Témoin de l'importance de la recherche sur le Covid-19, la ministre Frédérique Vidal a annoncé le même jour la création d'un fond d'urgence de 50 millions d'euros dédié à la lutte contre l'épidémie.

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Recherche médicale
Alors que le coronavirus est désormais considéré comme une pandémie, le président français annonce une augmentation du budget de la recherche de 5 milliards d'euros sur 10 ans.

Alors que l'épidémie de Covid-19 touche actuellement la France, le rôle de la recherche publique est réaffirmé. En visite à l'Institut Pasteur, à Paris, jeudi 19 mars, le président Emmanuel Macron a annoncé augmenter le budget de la recherche publique de 5 milliards d'euros sur 10 ans. 

Mobilisation de la recherche

Sur Twitter, le chef de l'Etat a justifié cette décision en écrivant que "la crise du Covid-19 nous rappelle le caractère vital de la recherche scientifique et la nécessité d'investir massivement pour le long terme".

Pour combattre le virus et en limiter les effets, l'écosystème de la recherche se mobilise. Le 12 mars, l'Inserm présentait 20 initiatives scientifiques soutenues par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et l'Alliance pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan) pour faire face au virus, de la modélisation de l'épidémie à la prévention.

Du côté des financements, l'Agence nationale de la recherche (ANR) a elle lancé le 6 mars un appel à projets "flash" doté d'un budget de 2 millions d'euros. Ce jeudi 19 mars, l'Agence de l'innovation de défense (AID) annonçait quant à elle 10 millions d'euros pour des projets proposant des "solutions innovantes", dotée d'une "maturité technologique suffisante pour être employables pendant l'actuelle pandémie".

Selon le quotidien Les Echos, la ministre Frédérique Vidal a par ailleurs annoncé la création d'un "fond d'urgence" de 50 millions d'euros dédié au coronavirus lors d'un point presse téléphonique jeudi 19 mars.   

5 milliards pour la recherche dont un milliard pour l'anr

En dehors de la pandémie actuelle, ces annonces ont lieu alors que le gouvernement travaille depuis un an à l'élaboration d'une loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). L'objectif principal de cette loi, très contestée en raison du rôle qu'elle donne à l'évaluation, était justement de donner davantage de moyens à la recherche française afin qu'elle conserve sa place sur la scène mondiale. 

L'objectif : atteindre un investissement pour la recherche équivalent à 3 % du PIB (contre 2,2 % aujourd'hui), dont 1 % pour la recherche publique. Face à la crise épidémique, le président a donc décidé d'annoncer directement les hausses de budget prévues, en précisant que sur les 5 milliards prévus, un milliard serait distribué via le canal de l'Agence nationale de la recherche, c'est-à-dire à travers des appels à projet. 

Une augmentation en deçà des attentes

L'augmentation significative annoncée par le président apparaît comme une confirmation de cette volonté de rapprocher le budget de la recherche publique de 1 % du PIB. Si l'on en croit les demandes du Comité national de la recherche scientifique (CNRS), qui chiffrait en juillet dernier les besoins à 2 milliards d'euros par an pendant trois ans, l'augmentation n'atteint pourtant pas la cible. 

C'est aussi le point de vue d'Olivier Coutard. S'il se réjouit de "la réaffirmation par le président de l'importance de la recherche", le président de la conférence des présidents du comité national du CNRS (CPCN) considère l'augmentation prévue comme à la fois "significative" et "sensiblement en deçà des attentes" de la communauté scientifique. 

Tout en rappelant le contexte actuel exceptionnel et la difficulté d'établir des projections budgétaires à la sortie de la crise, il note néanmoins que les premières annonces du gouvernement permettraient difficilement d'atteindre les 1 % souhaités. Il considère par ailleurs que l'absence de création d'emplois pérennes et l'accent sur les appels à projets et la création de contrats doctoraux supplémentaires "n’est pas de nature à rasséréner la communauté scientifique". 

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