Une nouvelle étape est franchie pour le programme Barracuda, et pas des moindres. La Marine nationale a réceptionné le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Duguay-Trouin à Brest à la fin du mois de juillet, a indiqué jeudi 10 août le ministère des Armées dans un communiqué. Deuxième des six sous-marins de type Suffren qui vont progressivement remplacer les cinq SNA français de type Rubis dans le cadre du programme Barracuda, le Duguay-Trouin, dont la construction a débuté il y a près de 14 ans, avait quitté pour la première fois le port de Cherbourg (Manche) le 27 mars.
Il avait ensuite subi des essais en mer durant plusieurs mois, supervisés par la Direction générale de l’armement (DGA), et également suivis par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, la Marine nationale, Naval Group, son constructeur et TechnicAtome, qui fournit les composants des chaufferies nucléaires des nouveaux SNA. Dans le détail, il avait effectué une plongée statique pour vérifier sa stabilité, des essais en surface et en plongée pour tester ses performances à différentes profondeurs, la sécurité et le fonctionnement de ses installations dont sa chaufferie nucléaire, et d’autres essais en plongée pour tester son système de combat.
«Plus rapides, plus endurants et plus polyvalents»
La livraison des quatre autres SNA du programme - Tourville, de Grasse, Rubis et Casabianca - aura lieu d’ici 2030. Le 20 juillet, le Tourville a été transféré de son chantier de construction au dispositif de mise à l'eau de la DGA. Il s'agit, selon Naval Group, d'une «étape-clé dans l’avancement du programme qui précède la mise à l’eau du sous-marin prévue en 2024». D'ici là, d'autres travaux doivent avoir lieu avant de premiers essais réalisés à quai puis en mer.
Le programme Barracuda devait initialement coûter 7,9 milliards d’euros mais, en raison des retards (le Suffren, premier sous-marin de la série, a été livré en 2020 au lieu de 2017), son coût est désormais estimé à plus de 9 milliards d’euros. Selon le ministère des Armées, ces sous-marins de nouvelle génération sont «plus rapides, plus endurants et plus polyvalents» que leurs ancêtres. Ils disposent notamment de mines, de missiles de croisière navals, qu’ils peuvent tirer depuis les fonds marins vers des cibles terrestres situées à plusieurs centaines de kilomètres, de torpilles F21 ou encore de missiles anti-navire Exocet SM39. Longs de 99 mètres contre 76 pour les Rubis, ces bâtiments sont deux fois plus lourds que les SNA précédents (5 300 tonnes en plongée contre 2 600) et peuvent plonger à 350 mètres de profondeur.



