La Fonderie de Bretagne, filiale de Renault, toujours bloquée par ses salariés

Le personnel gréviste de la Fonderie de Bretagne, filiale du Groupe Renault basée à Caudan (Morbihan), a retenu pendant plusieurs heures le 27 avril sept membres de la direction. Ils ont pu quitter l'usine à 22h30. Ce 28 avril, une délégation des salariés est reçue à la mairie de Lorient (Morbihan) en présence des élus locaux et du président du Conseil régional de Bretagne.

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Pièce fonderie
Renault a annoncé le 11 mars 2021 la mise en vente de l'usine Fonderie de Bretagne à Caudan (Morbihan).

L'ambiance est particulièrement tendue à la Fonderie de Bretagne située à Caudan (Morbihan) près de Lorient. Une centaine des 350 salariés de cette entreprise de fabrication de bras de suspension, coudes d'échappement et différentiels de boîtes de vitesse, a occupé le 27 avril les lieux et empêché tout mouvement.

Sept des membres de la direction ont été retenus jusqu'à 22h30 au sein de l'usine, filiale de Renault Group. Le 28 avril, une délégation de salariés sera reçue à l'hôtel de ville de Lorient en présence de Fabrice Loher, le maire de la ville et président de Lorient Agglomération. Loïg Chesnais-Girard, le président du Conseil régional de Bretagne, participera à la réunion.

Renault Group a indiqué le 27 avril dans un communiqué qu'il condamnait "fermement les agissements" du personnel en grève et précisé que la recherche d'un partenaire était toujours en cours. Il est en effet prévu que la Fonderie de Bretagne quitte le giron de Renault, un projet rejeté par les syndicats de l'usine depuis des mois, mais aussi par les élus locaux.

Une perte de 20 millions d'euros

Début 2021, le constructeur a mandaté le cabinet Advancy afin d'étudier les différentes options possibles pour cette usine qui perd de l'argent. En 2019, elle a réalisé un chiffre d'affaires de 46 millions d'euros pour une perte nette de 20 millions d'euros. "Aucun scénario étudié ne permet d'atteindre l'équilibre en cash-flow", indique le cabinet Advancy.

Dans un vœu du 9 avril voté en séance plénière, les élus du Conseil régional de Bretagne ont indiqué que la "région a investi près de 2,8 millions d'euros sur le site". "Comme les salariés, nous sommes attachés à cet outil et nous ne le passerons pas par pertes et profits", est-il encore indiqué dans ce vœu. Toujours pour les élus régionaux, "ce site industriel a un potentiel". Ils réclament donc de la part de Renault "de la transparence et des engagements pour l'avenir du site et des salariés".

Les délégués du personnel estiment que la fonderie est viable mais que Renault ne lui a pas confié de volumes suffisants au cours des dernières années. En 2019, le site avait été détruit par un incendie puis reconstruit. Les syndicats font ainsi remarquer que l'outil est flambant-neuf.

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