Réduire la part de pétrole dans la production plastique ? L’hypothèse n’a jamais été envisagée sérieusement par les fabricants de résines. Elle est désormais sur la table, et scénarisée dans le rapport « Repenser les plastiques ». Présentée lundi 4 avril, l’étude commandée par Plastics Europe, l’association européenne des producteurs de matières plastiques, au cabinet indépendant SystemIQ - déjà responsable de l’étude « Breaking the Plastic Wave » en 2020 - imagine les futurs possibles de la filière plastique dans une perspective de circularité et de neutralité carbone.
Considérant cinq scénarios d’évolution de l’écosystème jusqu’en 2050, les experts du rapport - représentants des institutions européennes, d’ONG, du monde universitaire et de l’industrie - prennent en compte les quatre principaux marchés : l’emballage, la construction, les biens ménagers et l’automobile. Ces derniers représentent les trois quarts (environ 37 millions de tonnes en 2020) des près de 50 millions de tonnes de plastique consommées en Europe.
Seulement 11% de plastiques fossiles en 2050 ?
Dans son scénario le plus ambitieux, l’industrie européenne des plastiques atteindrait la neutralité carbone en 2050 et les besoins en matière fossiles baisseraient considérablement. Sur ce marché du futur, évalué à 48,2 millions de tonnes (en hausse tout de même sur les 37 millions de tonnes actuelles), 78% des plastiques proviendraient de matières alternatives aux hydrocarbures, indique le rapport. Ainsi, sur les presque 20 millions de tonnes de matières vierges utilisées pour fabriquer des produits spécifiques, seules 11% seraient issues des ressources fossiles. Soit légèrement plus que la part de matière provenant de la biomasse (7 Mt) et du captage de CO2 (2 Mt). De quoi bousculer la filière. « Tous nos membres ne sont pas forcément à l’aise avec ces perspectives, reconnaît Jean Yves Daclin, le directeur France de Plastics Europe. Cela nous interpelle. Ca remet en cause des certitudes. » Pour l'instant, 90% de la production est d'origine fossile. Le reste est soit biosourcé, soit produit par recyclage.

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Cinq ans pour préparer 2050
Les capacités de production de ces plastiques alternatifs sont pour l’instant faibles, voire inexistantes. En 2025, au niveau mondial, le volume de bioplastiques produits devrait atteindre 3 millions de tonnes. C'est moins de 1% de la production de polymères d’origine fossile dans le monde en 2020 (environ 363 millions de tonnes). Les projets de captation de CO2 visant à produire des plastiques, eux, commencent à émerger.
Le rapport, indique, en outre, que dans cette nouvelle économie européenne du plastique, 17 millions de tonnes proviendront de matières recyclées et que 11,2 millions de tonnes bénéficieront d’actions en faveur de la réduction et de la substitution, dont le réemploi. De quoi tracer des voies d’avenir. « C’est dans les cinq prochaines années qu’on déterminera le futur de l’industrie par rapport à la circularité et la neutralité carbone », affirme le représentant de l’association. Plastics Europe regroupe 100 membres qui produisent 90% des polymères en Europe.
Lire l'étude « Repenser les plastiques » de SystemIQ dans son intégralité:



