La filière nucléaire a enfin son accélérateur Bpifrance, mais pour quoi faire ?

BPIFrance a lancé fin juin un nouvel accélérateur dédié au nucléaire. Il était attendu avec impatience. 30 dirigeants de PMI et ETI composent cette première promotion. L’Usine nouvelle dévoile ce qu’ils vont y faire durant les 18 prochains mois.

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accélérateur nucléaire BPIFRance première promotion 2024 Lyon 25 juin
30 dirigeants de PME-PMI se sont retrouvés en juin pour la session inaugurale de l'Accélérateur nucléaire de BPIFrance.

C’est peu de dire que le lancement d’un accélérateur nucléaire de BPIFrance était attendu par les sous-traitants de rang deux de la filière.  «Cela s’est rempli très vite. On a été plein deux mois avant la date de clôture des candidatures. Il y a une très grande appétence de la filière, que l’on a rarement observé sur d’autres accélérateurs», observe Kim Tworke, le responsable du programme chez BPIfrance. Ils sont 30 dirigeants, dont deux femmes, a participé à ce programme de formation, conseil et réseautage. De tailles très variées, les entreprises sélectionnées comptent 81 collaborateurs et un chiffre d’affaires de près de 16 millions d’euros en moyenne.

Des pionniers pour cette filière en renaissance, mais qui pourront bénéficier des près de 10 ans d’expérience du programme, dont ont déjà bénéficié 5000 entreprises. Sur 12 à 24 mois, les accélérateurs BPifrance apportent à 20 à 30 dirigeants de start-up, PMI ou ETI, une formation en matière d’innovation, de recrutement, d’export, des journées de conseil personnalisé et du partage d’expérience. Ils permettent en moyenne au participant d’augmenter de 10 points leur chiffre d’affaires, selon une étude scientifique indépendante réalisée ex-post sur les trois premières promotions réalisée par le CNRS.

Un programme monté avec le Gifen, le CSFN et Nuclear Valley

L’accélérateur nucléaire est le dernier d’une longue liste d’accélérateurs de filières chez BPIfrance. Il est né dans la foulée des premiers accélérateurs nationaux thématiques lancés en 2015 pour des start-up, puis des accélérateurs régionaux. La filière nucléaire a mis du temps à se réorganiser. Le groupement des industriels français du nucléaire, le Gifen, n’a été créé qu’en 2018, mais la relance d’un programme nucléaire en France n’a été acté politiquement qu’en 2022. Cette situation a laissé les PME de la filière, qui généralement travaillent pour d’autres secteurs, souvent dans le flou.

«Cela a mis du temps à s’organiser et on était arrivé sur une impasse sur le financement, explique Alexandre Guillo, directeur des Accélérateurs. Mais, en 2021, Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de l'Industrie, nous a aidé à décrocher une enveloppe de financement public pour déployer l’accélérateur». Après avoir décidé avec le Comité stratégique de filière Nucléaire, le Gifen et le pôle de compétitivité Nuclear Valley du bon positionnement et du bon ciblage de l’accélérateur, le programme a été acté en 2023. Ne restait plus qu’à sélectionner les heureux participants.

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Des sessions dessinées au fil des attentes

Après la session inaugurale du 25 juin à Lyon, chaque entreprise va réaliser un diagnostic d’entrée personnalisé pour identifier les axes prioritaires de croissance. Chacune aura accès à des modules de conseil adaptés en fonction de la taille de l’entreprise et de ses objectifs : 16 jours pour les entreprises de moins de 2 à 10 millions d’euros de chiffres d’affaires, 39 pour les plus grandes. Côté formation, les dirigeants participeront à six séminaires coconstruits avec l’École Polytechnique Executive Education, pour «renforcer leurs compétences et nourrir leurs réflexions stratégiques entre pairs», explique BPIFrance. Mais le programme n’est pas encore totalement défini. «On le construit au fil de l’eau, car on essaye de coller au mieux aux attentes», explique Kim Tworke.

Ainsi, pour aborder le sujet innovation, «il y aura une visite de laboratoire, peut-être au CEA, on ne sait pas encore», avance le responsable du programme. Une journée au moins sera aussi dédiée au recrutement en mettant l’accent sur les questions de climat, «qui sont des éléments d’attractivité», mais aussi sur les relations avec les écoles et la pratique des réseaux sociaux. En revanche, le sujet des compétences, «n’est pas adressé par nous, mais par les filières. Mais on va leur donner les éléments pour s’insérer dans ces programmes-là». L’accélérateur nucléaire n’est en effet qu’un des dispositifs parmi d’autres de la filière nucléaire, comme le programme Peon du Gifen pour l’excellence opérationnelle. Et la demande est forte. La filière nucléaire compte plus de 3000 entreprises dont 85% de TPE-PME.

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