A Grandparigny (Manche), le chiffre d’affaires de la distillerie du Domaine du Coquerel a progressé de 35% entre 2015 et 2023. Sa production, elle, affiche une hausse de 30%. La PME (19 personnes) créée en 1937 produit du calvados, du gin, du cognac et lance en avril un rhum, puis un whisky prévu en fin d’année 2024.
650 000 bouteilles de calvados, 80 000 bouteilles de gin, et 100 000 bouteilles de cognac ont été produites en 2023, pour 5,6 millions d'euros de chiffre d’affaires, en hausse de 25% sur un an. Aujourd’hui, la distillerie représente 13% de parts de marché du calvados. 70% de son chiffre d’affaires est réalisé à l’export. Des chiffres fruit d’une politique active de modernisation menée ces dernières années par le président et propriétaire de la distillerie, Pierre Martin-Neuhaus.
Moins de pénibilité et de consommation de gaz
«En arrivant en 2015, j’ai trouvé une entreprise rentable. Toutefois, l’outil industriel était vieillissant», indique Pierre Martin-Neuhaus, précédemment analyste senior chez EY, qui connaissait déjà bien l’histoire de l’entreprise. Après la Seconde Guerre mondiale, son grand-père a créé des distilleries avec des vignerons. Une structure rachetée par le producteur allemand de spiritueux Asbach en 1970, laquelle a racheté la Distillerie du Coquerel en 1971. En 1990, United Distillers (devenu Diageo) a racheté ce groupe. En 1996, le père de Pierre Martin-Neuhaus a racheté, pour son propre compte, la distillerie, avant d’en céder les rênes à son fils.
Une fois aux commandes, Pierre Martin-Neuhaus s’est attaqué à la remise à plat de la production, jusqu’en 2020. «L’entreprise n’avait pas fait d’investissements depuis plusieurs années. Nous avons commencé par automatiser la distillerie, ce qui nous a permis de réduire la pénibilité au travail», retrace le dirigeant. L’équipe est passée d’une présence nocturne obligatoire à une astreinte. De nouveaux brûleurs ont permis de réduire de 30% la consommation de gaz, une énergie qui constitue «un poste de dépenses important» pour la chauffe des alambics. La cidrerie a été modernisée en passant la totalité des installations en Inox. Les capacités d’embouteillage ont été doublées.

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Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
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Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Des packagings conçus pour mieux expliquer le calvados
«Les leviers de développement, ce sont avoir de bons et de beaux produits, et d’investir dans la distribution et de trouver de bons partenaires», estime Pierre Martin-Neuhaus. Parallèlement aux investissements industriels, le packaging des calvados a été modifié une première fois en 2016. Une agence de design américaine a ensuite pris le relais en 2018 et en 2022. Objectif : expliquer le temps de fermentation ou les variétés de pommes. «Il y a une forte méconnaissance du calvados. Quand on est une petite distillerie et que l’on ne fait pas de publicité ou de marketing, la seule chose que le consommateur va voir de nous, ce sont les produits, donc il faut qu’ils soient beaux», poursuit le dirigeant.
En 2015, la distillerie s’est par ailleurs lancée dans le gin. Un nouveau sort chaque année, à l’instar du gin Normindia au pamplemousse en 2023, et avec des écorces d’orange amère en 2024. Ce qui n’empêche pas le Domaine du Coquerel de faire évoluer sa gamme de calvados, avec cette année une eau-de-vie vieillie dans des fûts de bière avec la brasserie parisienne Fauve, et une deuxième édition d’un produit conçu avec des personnalités de l’univers du cigare. L’entreprise a par aillleurs le droit de faire vieillir du cognac en Normandie, grâce à une dérogation obtenue dans les les années 1970.
Prochaine étape pour le Domaine du Coquerel : le développement des visites du domaine et de la vente sur place, avec le recrutement depuis trois ans d’une personne dédiée. «Cela prend au moins un an pour entrer dans les programmes des tours-opérateurs», observe Pierre Martin-Neuhaus, qui s’attèle aussi au rafraîchissement de ses bureaux, à l’achat d’une nouvelle machine de lavage des bouteilles, et prévoit, d’ici un an et demi, le remplacement de la remplisseuse-boucheuse.



