Emballages Magazine : Comment avez-vous développé cette bouteille ?
Maxime Lebrun : Sur ce projet nous étions en contact avec la cheffe de projet côté Martell et aussi le marketing et le design. Nous avons eu plusieurs réunions pour définir le contexte et comprendre le brief, ce qui était demandé par Martell. Nous avons réalisé une première étude pour savoir si nous étions en mesure de répondre à la demande. Puisque la réponse était positive, nous avons lancé le projet.
Entre les comités de pilotage, les cotations, les plans, le rapport de faisabilité, les études, les plans des moules, les sections d’essais, où l’on monopolise une partie d’une machine pour réaliser une centaine de prototype, et enfin les comptes rendus d’essai, cela a demandé un peu plus d’un an avant de lancer la fabrication des premières bouteilles.
Quelles ont été les difficultés sur cette bouteille ?

- 120-3.15
Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
Les difficultés ont été au niveau de la bague, qui est une carnette. C’était une demande du client d’avoir une bague imposante, et la difficulté était de garantir le profil de débouchage et l’étanchéité. Cela a été un challenge. La difficulté sur ce genre de bague, c'est le diamètre du col couplé extérieur, ajouté à cela, dans ce cas précis, à la hauteur de bague et son diamètre, qui n’est pas habituelle. Nous avons eu de nombreux échanges avec les équipes de Martell et finalement nous avons trouvé un compromis et redessiné une bague, toujours carnette, mais plus adaptée. Et qui ne dénature pas le brief initial.
Les autres difficultés ont été la piqûre à facettes et le pavé de verre. Faire des bouteilles avec l’un ou l'autre, nous le faisons facilement. Mais les deux en même temps, c’est plus compliqué. Cela a été un challenge. Cela n’a pas non plus été facile d’adapter les facettes de la piqûre pour qu’elles soient semblables à ce que souhaitait le client. Nous avons dû faire quelques essais pour retrouver la même forme. Le premier essai verre rendait un effet plus proche du « presse citron ». Pour parvenir à ce résultat, nous avons redesigné. Cela a nécessité de revoir l’outillage et faire quelques aménagements.
Quelles sont ses particularités ?
L’autre particularité est au niveau du fond de la bouteille, là où se trouvent habituellement les perles ou les barrettes pour éviter les glaçures de contact. Le client a souhaité mettre des inscriptions « Cognac Martell ». L’idée était de personnaliser le flacon, et le différencier un maximum. Cela a posé quelques difficultés au démarrage, car si les lettres sont plus ou moins bien rendues cela influe sur la stabilité.
« Quand on développe un outillage il est disponible pour plusieurs millions de bouteilles »
Cette bouteille a-t-elle vocation à devenir un standard ?
Non, c’est un flacon développé par Martell et qui lui appartient.
La bouteille Horizon, développée pour Martell, est destinée à être produite à combien d'exemplaires ?
Cela dépend des besoins du marché. Quand on développe un outillage il est disponible pour plusieurs millions de bouteilles, de coups battus (pas les bouteilles qui seront forcément vendues, mais toutes celles qui sont passées par l’étape de formage). Après c’est le marché qui donne le tempo par rapport au volume.
Au-delà de cette bouteille, qu’êtes-vous capable de développer ?
A Cognac, nous sommes sur un marché spécifique, avec des carafes et des bouteilles à destination de marché assez haut-de-gamme. Nous sommes spécialisés sur les flacons de VS et de VSOP, parfois XO. Pour les bouteilles XO, cela se fera sur des machines IS en simple paraison. Double paraison pour les VS et VSOP. Après, tout dépend de la demande des clients et nous étudions tout ce que l’on nous propose. Mais nous avons aussi des limites de faisabilité, nous ne ferons pas de bouteille unitaire ou en semi-automatique.



