La Coopération agricole appelle à un «choc de compétitivité et de simplification normative»

A l’occasion de sa conférence de presse de rentrée ce 6 septembre, la Coopération agricole, qui représente les coopératives nationales, a milité pour un «choc de compétitivité et de simplification normative», nécessaire selon elle pour financer les transitions et protéger la souveraineté alimentaire.

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Dominique Chargé Coopération Agricole
Dominique Chargé, le président de la Coopération agricole appelle à un "choc de compétitivité".

«Nous n’avons plus les moyens de produire en France les produits sur lesquels les Français se sont repositionnés face à l’inflation. L’alimentation est la variable d’ajustement des budgets des ménages». Le constat est signé Dominique Chargé, le président de la Coopération agricole, qui représente les coopératives hexagonales, à l’occasion de sa conférence de rentrée ce mercredi 6 septembre. «Nous sommes passés d’un monde d’abondance à un monde de pénuries» sous l’effet des tensions géopolitiques et climatiques, a estimé le patron de ce syndicat qui représente 40% du chiffre d’affaires de l’agro national.

L’inflation a provoqué un mouvement de descente en gamme dans les rayons, parfois accompagné d’une hausse des importations, comme c’est le cas pour les viandes : «elles ont progressé de 11,5% l’an dernier et représentent désormais 30% de la consommation nationale de viande», a-t-il souligné. Dans le sillage des débats qui ont notamment animé le Parlement au Printemps, Dominique Chargé a donc milité pour un «choc de compétitivité et de simplification normative», nécessaire pour que les filières puissent affronter ce monde d’après en proposant des produits «fabriqués en France, compétitifs, accessibles et moyenne gamme».

Pour y parvenir, rien d’original : la Coopération agricole souhaite qu’il n’y ait plus «d’interdiction de produits phytosanitaires sans alternative techniquement fiable» ;«arrêter les surtranspositions» ; que le droit de la concurrence cesse d’empêcher «la consolidation des filières» alors que la fusion de Maïsadour et Euralis, acteurs incontournables du marché du foie gras, vient d’être retoquée. Dominique Chargé a aussi appelé à une «réduction des délais administratifs» pour l’installation de nouveaux sites, tout en énumérant les causes structurelles de la perte de compétitivité nationale : coût du travail plus élevé que les voisins européens, impôts de production eux aussi dans le peloton de tête, retard sur la robotisation… 

Décarbonation

La Coopérative agricole souhaiterait ainsi accompagner les nouvelles habitudes de consommation des Français. Elle se défend d’adopter le credo de la descente en gamme – au risque de jouer les équilibristes. «Je propose une montée en gamme, mais pas seulement sur le très haut de gamme. Voilà le raté de 2017 (génèse de la loi Egalim, NDLR). Faire de la production sous signe de qualité, je dis oui, mais nous devons aussi répondre sur les produits de moyenne gamme, argue son président. Nous n’avons plus investi sur les outils de production conventionnels depuis 20 ans. Par exemple, sur la volaille, où les importations ne cessent de progresser, nous ne sommes plus en capacité de produire dans des conditions compétitives.»

En ligne de mire aussi, un besoin d’investissements face aux «transitions» chiffré à plus de 7 milliards d’euros par an (cinq fois les investissements actuels), fléchés principalement vers les outils industriels des coopératives. Etant entendu que la décarbonation va mobiliser «des sommes colossales qui dépassent la capacité d’investissement de nos entreprises» et implique donc le soutien des pouvoirs publics, à l’image de ce qui est fait sur les 50 sites industriels les plus émetteurs. Reste que la reconstitution des marges, à l’œuvre dans l’agroalimentaire depuis fin 2022, devrait doper la capacité d’investissement des coopératives.

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