Il en reste environ 100 mètres... Dynamitée le 7 juin, la cheminée rouge et blanche de 250 mètres de haut de l’ancienne centrale thermique au fioul d'EDF d’Aramon (Gard), en service de 1977 à 2016, n’est tombée qu’en partie : un tronçon est resté debout, visible derrière le nuage de fumée rose accompagnant l’opération.
Le centre de post-exploitation d’EDF, qui parle d’un « aléa technique », avait confié le chantier à Cardem*, filiale de déconstruction de Vinci Construction. Les calculs prévoyaient l’affaissement complet, comme un arbre, de cette cheminée (« en très bon état » selon EDF), dans un axe donné avec une précision de 2%. Préparée depuis 2022, la déconstruction de la cheminée en béton armé avait débuté par un désamiantage, puis des affaiblissements à la base. La technique de l’affalement avait été préférée au grignotage à cause de la hauteur de la cheminée, une des plus grandes d’Europe. EDF a rapidement indiqué que les premières analyses montrent que toutes les charges ont explosé et qu’il n’y a pas de risque d’effondrement. Un périmètre de sécurité de 150 mètres est cependant maintenu autour des vestiges de la cheminée.
La suite du chantier n’est pas encore décidée. «Conformément au projet initial, EDF s’engage à poursuivre la déconstruction de la cheminée et de la centrale thermique d’Aramon. Le nouveau calendrier sera communiqué ultérieurement.» Un grignotage à la grue a été évoqué sur place pour achever la destruction. Selon le centre de post-exploitation EDF, le calendrier de ce chantier global de 50 millions d’euros sera peu modifié. Après la déconstruction au sol de la cheminée en 2023, la dépose des voies ferrées en 2024, le gros morceau à sera le « bloc usine » (deux chaudières de 700 MW et 70 mètres de haut) qui sera désamianté puis déconstruit entre 2026 et 2029.
Propriété d’EDF, le site de 55 hectares au bord du Rhône sera disponible fin 2032, après réhabilitation des sols, pour de nouvelles activités industrielles bas carbone ou décarbonées. Depuis 2019, 6,5 hectares sont occupés par une centrale photovoltaïque au sol de 5 MWc.
Une vidéo de la destruction par Le Moniteur :
* Pour EDF, Cardem avait abattu en 2012 les trois cheminées de la centrale thermique de Richemont en Moselle



