La déconstruction de la centrale thermique EDF d’Aramon coûtera 50 millions d’euros

L’abattage, le 7 juin, de la cheminée de 250 mètres forme une étape majeure de la déconstruction de la centrale thermique EDF d’Aramon (Gard), à l’arrêt depuis 2016. Selon le Centre post-exploitation d’EDF, ce chantier de 50 millions d’euros s’achèvera fin 2032. Le foncier de 55 hectares doit accueillir ensuite de nouvelles activités industrielles.

Réservé aux abonnés
Centrale EDF d'Aramon
La déconstruction de la centrale thermique EDF d'Aramon s'achévera fin 2032 pour un coût de 50 millions d'euros.

Dominant depuis 1977 le paysage d’Aramon dans le Gard rhodanien, l’emblématique cheminée rouge et blanche de 250 mètres de haut de la centrale thermique EDF va s’effacer le 7 juin. Situé en bord de rive droite du Rhône, ce totem industriel (déjà désamianté) sera abattu dans la matinée, lors d’une opération accompagnée de nombreuses mesures de sécurité routières, fluviales et environnementales.

Confié à Cardem (groupe Vinci), l’affalement a été préféré au "grignotage", en raison de la hauteur exceptionnelle de la cheminée. C’est une étape centrale du démantèlement global de la centrale thermique de 1 400 MW, arrêtée depuis avril 2016 et qui employait 110 salariés. Le chantier de 50 millions d’euros durera jusqu’à la fin 2032. «On ne peut pas faire plus court», assure Caroline Cosson, directrice adjointe du Centre de post-exploitation d’EDF (chargé de la réhabilitation des centrales thermiques après leur fermeture), lors d’une visite du chantier le 16 mai.

Dans trois ans, début du démantèlement du bloc usine

Après l’abattage, la déconstruction de la cheminée sera menée au sol jusqu’à septembre 2023. EDF estime qu’elle concernera 50 000 tonnes de matériaux. La ferraille sera découpée et le béton concassé et réutilisé directement sur le site. «Dans nos opérations de déconstruction, 96% des matériaux sont valorisés, assure Caroline Cosson. Nous devrions récupérer 10 millions d’euros grâce à la réutilisation des matériaux présents.» La dépose des voies ferrées sera réalisée en 2023 et 2024, puis EDF lancera un nouvel appel d’offres courant 2025 pour le démantèlement du bloc usine de 70 mètres de haut qui intègre deux unités de production électrique de 700 MW chacune. «Nous en sommes actuellement aux expertises, à commencer par celle sur l’amiante», précise Caroline Cosson. La déconstruction interviendra entre 2026 et 2029. Enfin, l’étape de réhabilitation des sols débutera en 2030. «La libération finale du foncier de 55 hectares interviendra fin 2032, indique-t-elle. Il pourra alors accueillir de nouvelles activités industrielles.»

Reconversion décarbonée

La reconversion du site a déjà débuté : dans l’enceinte de la centrale, une ferme solaire au sol d’EDF Renouvelables de 5 MWc a été inaugurée en 2019 sur 6,5 hectares, à la place des cuves fuel. Un projet d’extension est étudié.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Au-delà du périmètre de la centrale EDF, l’implantation de projets photovoltaïques est encouragée par le Contrat de transition écologique (CTE) Aramon-Gard rhodanien, signé fin 2018 et piloté par l’association CleanTech Vallée*. Des projets ont déjà abouti. Un parc solaire de 12 MWc, exploité par CVE et RES, a surgi fin 2021 sur l’ancien site sidérurgique d’Arcelor Mittal à Laudun-l’Ardoise. Sur le site industriel de Sanofi à Aramon, une centrale au sol de 4 MWc d’EDF Renouvelables devrait être inaugurée à l’été.

Près de Beaucaire, EDF Renouvelables va expérimenter de l'agrivoltaïsme sur 4,5 hectares au-dessus de champs de riz et de luzerne. De nouveaux projets sont attendus. «Coordonné par la CleanTech Vallée, un appel à manifestation d’intérêts pour l’implantation de centrales solaires au sol est en cours avec la communauté de communes du Pont-du-Gard et à venir avec la communauté d’agglomération du Gard Rhodanien», indique Delphine Besson, directrice développement et partenariat de l’association. Cette dernière pilote aussi l’accélérateur CleanTech Booster, basé à Aramon et dédié depuis avril 2019 aux start-up et PME éco-innovantes gardoises (32 jeunes pousses accompagnées, 38 emplois créés). Sa cinquième promotion attend ses candidats jusqu’à la fin mai.

*Fondateurs : EDF, communauté de communes du Pont du Gard et communauté d’agglomération du Gard Rhodanien, Enedis, BRL, Sanofi, Orano, Banque Populaire du Sud, CCI du Gard, CEA Marcoule et UIMM.

Abonnés
Le baromètre de l’énergie
Prix de l’électricité et du gaz, production nucléaire, éolienne et hydraulique… Notre point hebdo sur l’énergie en France.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.