En Argentine
Un SMR à eau pressurisée de 25 mégawatts électriques (MWe), le Carem-25, est en construction depuis 2014. Il s’agit d’un prototype pour des SMR de 100 à 200 MWe. Sa construction a été arrêtée faute de financements, mais doit reprendre pour être finalisée d’ici à 2023.
Au Canada
Le pays met les bouchées doubles en matière de SMR, notamment sur le volet certification des réacteurs à sels fondus, développés par des start-up comme Moltex, soutenue par le gouvernement, et Terrestrial Energy, développe un réacteur de 192 MWe, qui pourrait être loué durant sept ans. Son développement est soutenu par l’opérateur Ontario Power Generation, qui s’intéresse aussi aux SMR de l’americano-japonais GE-Hitachi et de l’américain X-energy. Deux autres start-up canadiennes, StarCore et Global First Power, développent des MMR à usage industriel.
En Chine
Pas moins de six SMR sont en développement dans le pays,dont cinq à eau pressurisée et un à gaz haute température, une technologie où la Chine est leader. Deux AMR pilotes de 250 mégawatts thermiques (MWt) et 105 MWe refroidis à l’hélium, développés par la Compagnie nucléaire nationale chinoise (CNNC) sont en construction depuis 2012. Ils auraient coûté plus de 1 milliard de dollars et les 18 envisagés par la suite ne verront pas le jour. Une centrale de six modules reste prévue. Côté SMR, différentes entreprises publiques se font concurrence, mais visent des marchés différents. CNNC développe un réacteur modulaire à eau pressurisé de 125 MWe, le Linglong One, pour des usages terrestres, dont un exemplaire est en construction depuis 2019, et un de 400 MWt pour du chauffage. De son côté, China General Nuclear Power Corporation travaille sur un réacteur de 60 MWe destiné au maritime et sur un autre de 200 MWt pour fournir de la chaleur. Sur ce marché, State Power Investment Corporation développe, lui aussi, un SMR de 200 MWt, le Happy200.

En Corée du Sud
Ce n’est pas parce que le président Moon Jae-in a décidé de sortir la Corée du Sud du nucléaire que son projet de SMR est arrêté. Une version 100 MWe/300 MWt de son réacteur à eau pressurisée APR 1400, développé par l’Institut coréen de recherche atomique avec l’Arabie saoudite, a été réorienté à l’export. Ce réacteur est aussi étudié par la Jordanie. Ils seraient utilisés pour la désalinisation de l’eau de mer et la production d’électricité.
Au Danemark
Copenhague vient d’entrer à son tour dans la course au SMR. En décembre 2020, la start-up Seaborg Technologies, créée en 2014, a annoncé avoir levé 20 millions d’euros pour développer un AMR à sels fondus. Il sera destiné à équiper des barges, qui pourraient accueillir deux réacteurs de 100 MWe (ou 250 MWt), qui n’auraient besoin d’être rechargés en combustible que tous les douze ans.
Aux États-Unis
Les premières start-up du nucléaire, comme Hyperion (devenu Gen4 Energy), NuScale et Holtec Nuclear, sont nées outre-Atlantique au milieu des années 2000. Grâce au soutien financier massif du ministère de l’Énergie (DOE) depuis 2012, l’une d’elles pointe en tête. NuScale s’apprête à construire le premier SMR américain du même nom, à l’Idaho National Laboratories. Il sera composé de 12 unités de son réacteur à eau pressurisée NuScale de 77 MWe, et doit être mis en service en 2029. Des accords commerciaux ont déjà été signés à l’export. En mars 2019, le DOE a également donné son feu vert à la construction du SMR de 311 MWe de GE-Hitachi. Les pouvoirs publics américains soutiennent aussi des projets de quatrième génération, comme ceux de X-energy, de Kairos Power, de TerraPower et du canadien Terrestrial Energy, ainsi que les projets de microréacteurs O-MMR d’Oklo et eVinci de Westinghouse.
En tout, le DOE a déjà financé une douzaine de MMR, AMR et SMR. Il a investi plus de 1,2 milliard de dollars depuis 2012 et va plus que doubler la mise ces dix prochaines années. Les États-Unis s’attachent aussi à lever les barrières réglementaires. Devant la perte totale de compétitivité des réacteurs de grande puissance face au gaz de schiste, les SMR sont l’avenir du nucléaire américain. En janvier 2021, un décret de l’administration Trump était publié sur la promotion des SMR pour la défense et l’exploration spatiale. En avril, l’administration Biden a lancé le programme First, doté au départ de 5,3 millions de dollars, pour soutenir l’utilisation des SMR.
En France
Pas de start-up du nucléaire en France, mais un consortium rassemblant EDF, le CEA, TechnicAtome et Naval Group. Parti assez tard, il développe depuis 2017 Nuward, un SMR de 170 MWe à eau pressurisée, qui serait associé par paires pour remplacer des centrales thermiques fossiles place pour place. Prévu pour l’export, EDF parle de construire un prototype en France. Le gouvernement a dégagé 50 millions d’euros pour financer la phase d’avant-projet sommaire, en vue d’une commercialisation en 2035.
En Indonésie
L’agence nationale pour l’énergie atomique Batan a un concept de microréacteur à haute température de 3 MWe.
Au Japon
Pas moins de cinq SMR sont à l’étude ou en développement, par Mitsubishi, GE-Hitashi, Toshiba, la Japan Atomic Energy Agency et un consortium scientifique, sur quasiment toutes les technologies de troisième et quatrième générations.
Au Luxembourg
La société Hydromine Nuclear Energy développe deux AMR à neutrons rapides, l’un de 200 MWe et l’autre
de 5 à 20 MWe.
En République tchèque
UWB Pilsen et CIIRC CTU planchent sur un concept de réacteur de 50 MWt.
Au Royaume-Uni
Londres n’est entré dans la course au SMR que récemment. En 2015, le pays a lancé un concours de design pour des solutions de petits réacteurs avancés qui lui permettraient d’utiliser ses stocks de combustible recyclé MOX. Sur sept entreprises ayant répondu, on compte deux start-up britanniques, l’anglo-canadien Moltex Energy avec un AMR à sels fondus de 150 MWe et Urenco avec un micro-réacteur à haute température de 4 MWe. Néanmoins, le SMR de l’américain NuScale pourrait être le premier petit réacteur modulaire installé au Royaume-Uni, en attendant une version plus britannique de Rolls-Royce annoncée pour 2030. Ce dernier a constitué un consortium de neuf entreprises pour développer des réacteurs modulaires de 235 MWe associés par paire. Le gouvernement pourrait apporter 1,5 à 2 milliards de livres à son programme nouveau nucléaire – le Royaume-Uni étant l’un des rares pays occidentaux à en avoir un – qui prévoit la construction de 16 SMR d’ici à 2050 et la création de 6 000 emplois. Une enveloppe de 40 millions de livres est prévue pour les réacteurs avancés, dont 30 millions iront aux projets de Tokamak Energy (fusion nucléaire), Westinghouse (réacteur rapide refroidi au plomb) et U-Battery (réacteur à haute température refroidi au gaz).
En Russie
Le seul SMR opérationnel au monde a été développé par le groupe Rosatom. D’une puissance de 70 MWe, il est installé sur l’Akademik-Lomonosov, une barge ancrée au port de Pevek, en Sibérie orientale. Entré en production le 19 décembre 2019, il a été développé en dix ans pour environ 340 millions d’euros, avec une version modifiée de deux moteurs nucléaires de vieux brise-glaces, le KTL-40 de 35 MWe. Il sera le seul de son genre.
Rosatom a annoncé, en 2017, développer une nouvelle génération de SMR pour barges nucléaires de 55 MWe, à partir d’un nouveau moteur de brise-glace. Cette version pourrait être commercialisée d’ici à 2025 et être adaptée à une utilisation terrestre, pour des applications minières. La filiale OKBM Afrikantov de Rosatom développe aussi un SMR à eau pressurisée terrestre de 350 MWe, également prévu pour être associé par paire sur une barge. Sa commercialisation est prévue pour 2030. Pour mémoire, en 1974, la Russie avait déjà installé quatre petits réacteurs de 12 MWe à Bilibino, au nord du cercle polaire arctique. Ils doivent être arrêtés en 2021.
En Suède
Là aussi, ce sont les start-up qui réinventent le nucléaire. L’une d’elles, LeadCold, retenue dans le concours de design de l’AMR britannique, développe le micro-réacteur Sealer (Swedish Advanced Lead Reactor) dédié à des applications arctiques. Elle a créé une coentreprise avec l’allemand Uniper pour financer un premier prototype en Suède.



