La baisse de production nucléaire cet hiver compensée par la baisse de consommation, selon RTE

A mi-novembre, RTE anticipe une disponibilité plus faible que prévue du parc nucléaire en janvier 2023, à 40 GW au lieu de 45 GW. Elle serait compensée par une baisse de la consommation dans l’industrie, frappée par les hausses de prix.

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Vues aériennes centrale nucléaire de Civaux
Alors que RTE avait déjà statistiquement anticipé en septembre qu'EDF n'atteindrait pas les 50 GW de disponibilité du parc nucléaire en janvier, mais tablait sur 45 GW, le gestionnaire du réseau électrique du revoir à la baisse ses prévisions statistiques à 40 GW.

RTE a encore soufflé le chaud et le froid lors de son point d’actualisation de ses prévisions d’équilibre sur le système électrique français durant l’hiver 2022-2023, le 18 novembre. Vu le retard pris par EDF, encore plus grand que prévu par RTE, dans le démarrage des réacteurs nucléaires en maintenance ou réparation suite au phénomène de corrosion, le gestionnaire du réseau revoit à la baisse ses prévisions statistiques à 40 gigawatts (GW) de puissance nucléaire disponibles au lieu de 45 GW.

Le parc français a normalement une capacité de 60 GW. Cette baisse «de l’ordre de 3 à 4 GW de la disponibilité du parc nucléaire par rapport à l’attendu publié en septembre» ne «devrait pourtant pas augmenter le risque d’alerte Ecowatt rouge nécessitant un effacement massif des consommations pour éviter un délestage cet hiver», assure Thomas Veyrenc, le directeur stratégie, prospective et évaluation de RTE. Ce niveau d'alerte pourrait être franchi entre 0 et 2 jours cet hiver, voire 5 jours en cas de grand froid, selon les nouvelles prévisions de RTE.

Baisse de la consommation de 5 à 7%

Cette baisse de la disponibilité du nucléaire en partie en effet compensée par un retour des capacités hydrauliques. « Au plus bas historique à la sortie de l’été, nous sommes revenus à la moyenne, grâce à la gestion prudente des exploitants qui ont économisé de l’eau et aux conditions météo chaudes qui ont amené à moins exploiter les barrages », explique Thomas Veyrenc. Mais c’est surtout la baisse de la consommation observée depuis le début de l’automne, de 5 à 7 % comparée à la moyenne d’avant crise sanitaire (sur la période 2014-2019), qui va compenser ce manque de nucléaire. Une baisse due «majoritairement» à l’industrie, qui réduit la voilure à cause de la hausse des prix de l’énergie. Sa consommation était en baisse de 8 à 9% en octobre.   

Les marchés toujours pas rassurés

Les bonnes nouvelles s’arrêtent là pour l’hiver. Car malgré ses efforts, RTE n’arrive pas à rassurer les marchés. Certes à l’automne, « les prix de l’électricité ont baissé et retrouvé un niveau proche de ceux de 2021 », suivant la baisse de ceux du gaz due aux bons approvisionnements des stocks et des importations de GNL, à l’augmentation des capacités d’interconnexion électrique de l’Allemagne vers la France et aussi à une bonne production de l’éolien. Mais la prime de risque sur les prix français, qui s’était effondrée en novembre est décembre, demeure très importante au premier trimestre 2023.  «On alerte sur le fait que cette prime de risques semble démesurée. Même si tous les paramètres étaient dégradés, il n’y a pas de raison d’avoir des prix de l’ordre de 1000 euros », répète Thomas Veyrenc. Las, même si elles sont engagées, les discussions pour réformer la formation de prix de marché « qui correspondent aux fondamentaux de production », en Europe, restent longues et aboutiront trop tard.

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