Faire du neuf avec du vieux. Veolia et L’Oréal l’ont mis en pratique dans le cadre d’un projet de recyclage, avec une technologie et une chaîne de valeur du premier aboutissant à la production de flacons cosmétiques pour le second. Une boucle fermée qui permet de réduire de 50% à 70% les émissions de CO2, selon les deux partenaires. Après validation des procédés, l’obtention de certifications drastiques, et la production des premiers lots commerciaux depuis six mois, les deux groupes français visent la montée en puissance de cette chaîne de valeur. Les détails chiffrés n’en sont pas dévoilés, mais Benoit Perreau, directeur marché clients des segments déchets solides et recyclage de Veolia, évoque un engagement sur « des volumes très significatifs, sur plusieurs années ».
Pas de nouvelle usine
La chaîne porte sur le recyclage de polyéthylène haute densité (PEhd). Veolia s’est appuyé sur une filière de collecte de tri existante, centrée sur des « bouteilles de lait et de jus de fruit par exemple, en PEhd naturel et non-coloré », décrit Benoit Perreau. Le responsable évoque un système de « circularité packaging to packaging ». Après les opérations de tri, pour assurer la traçabilité de ces déchets, Veolia a mis au point un procédé de recyclage mécanique permettant d'obtenir des granulés débarrassés de composés organiques et d’une qualité équivalente au plastique vierge. Ce qui a permis d’obtenir les certifications européenne et américaine de grade de qualité alimentaire, parmi les plus exigeantes.
Veolia source ainsi du PEhd recyclé pour les besoins des emballages de L’Oréal depuis plusieurs usines en Europe, au Royaume-Uni par exemple (mais pas encore depuis la France), et en Asie, notamment en Chine. Benoit Perreau précise que le groupe « n’a pas construit de nouvelle usine ». « Mais nous avons augmenté la capacité d’usines existantes en ajoutant des lignes », investissant aussi dans des machines de recyclage mécanique, ajoute le représentant de Veolia. Ce PEhd recyclé est « utilisé dans la fabrication des packagings dits primaires, tels que les flacons de nos marques Ushuaia et Cadum pour le marché français », indique Jacques Playe, directeur Packaging et développement de L’Oréal. Il précise que pour ses emballages, le groupe s’appuie sur des fournisseurs. Dans le cadre de ce projet, Veolia « fournit la matière première à [ses] fournisseurs de packaging ».
50% de plastique recyclé chez L'Oréal en 2025
L’activité de recyclage plastique est en pleine croissance chez Veolia. En volume, elle atteignait 400 000 tonnes de plastiques recyclés, avec un objectif de 610 000 tonnes par an d’ici à 2023, essentiellement pour du polyéthylène téréphtalate (matière de base des bouteilles en plastique), du polyéthylène et du polypropylène. En valeur, le groupe avait atteint un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros en 2019, et ambitionne d’atteindre 800 millions en 2023, puis un milliard d’euros en 2025.
Du côté de L’Oréal, le recours aux plastiques recyclés pour ses emballages est l’une de ses priorités en matière de développement durable. Une démarche d’écoconception a été initiée en 2007. Actuellement, 15% de l’ensemble des plastiques utilisés dans les emballages du groupe est d’origine recyclée. Le chiffre devrait atteindre 50% d’ici à 2025. « 100% des plastiques utilisés dans nos emballages proviendront de sources recyclées ou biosourcées » d’ici à 2030, complète Jacques Playe, selon les nouvelles cibles de L’Oréal.



