Malgré tous ses efforts, la société de biologie industrielle Global Bioenergies se porte mal. En effet, la société a annoncé être à la recherche d’un repreneur. « Malgré l’ensemble des efforts et des discussions établies ces derniers mois avec de grands acteurs industriels, la société constate qu’elle ne parvient pas à trouver d’investisseurs stratégiques pour financer la poursuite de son activité », a fait savoir la société dans un communiqué. En effet, Global Bioenergies dispose d’une trésorerie très limitée de seulement trois millions d’euros et a enregistré 13,1 M€ de dettes bancaires au 31 décembre 2024. Ces dettes restent intégralement inscrites au bilan, car la société négocie des reports de remboursements, obtenus « au mois le mois » grâce à des discussions avec les créanciers bancaires.
Face à ces difficultés bancaires, Global Bioenergies a lancé une recherche officielle de repreneurs sous la forme d’un « prépack cession », dans le cadre d’une procédure de conciliation. Autrement dit, les potentiels repreneurs ont la possibilité de se positionner sur la reprise de tout ou partie des activités et des actifs de la société. « La réalisation du plan de cession, arrêté par le Tribunal de Commerce, sera suivie de la liquidation judiciaire de la société, impliquant l’irrécouvrabilité de tout ou partie du passif, notamment des dettes bancaires, et entraînera la radiation de la cotation », explique la société dans son communiqué. Les potentiels repreneurs ont jusqu’au 9 juillet 2025 pour déposer leurs offres de reprises.
Le mirage des SAF
Pourtant, malgré les difficultés, Global Bioenergies semblait remonter doucement la pente grâce aux carburants d’aviation durables (SAF), le marché visé initialement par la société. Depuis 2022, la société semblait multiplier les partenariats autour de son SAF – Shell, ministère des Armées ou encore Repsol – et avait réussi l’exploit d’obtenir une certification pour son bio-isobutène de la part de l’ASTM, organisme de normalisation qui rédige et produit les normes techniques concernant les matériaux, les produits, les systèmes et les services. « Nous avons basculé à l’automne 2024 vers un projet de collaboration R&D avec un grand industriel international, visant à combiner sa technologie et la nôtre pour produire des carburants d’aviation durable particulièrement compétitifs », a rappelé Marc Delcourt, directeur général de Global Bioenergies. De plus, la société annonçait en mars dernier la confirmation de la performance de son SAF par des géants de l’aéronautique tels que Safran et l’Onera.
La désillusion des cosmétiques
Pour rappel, Global Bioenergies a changé plusieurs fois son fusil d’épaule. A sa création, en 2008, la société visait en premier lieu la production d’un biocarburant par voie de fermentation. Comme de nombreuses sociétés de biotechnologies, la crise pétrolière de 2008 a forcé la start-up a changé de stratégie. Par chance, la molécule phare de la société est le bio-isobutène, une molécule plateforme permettant d’obtenir de l’isododécane (molécule en C12) utilisé notamment dans les maquillages longues tenues. Si la société a rencontré plusieurs succès, tels que le lancement de sa propre marque ou le soutien de L’Oréal via son fonds d’investissement Bold, Global Bioenergies s’est vu contraint en avril 2024 de revoir ses objectifs de production à la baisse : d’un projet d’usine de production de 10 000 t/an d’isobutène, la biotech a alors réduit son objectif à 2 500 t/an. L’idée était alors de ne viser que des marchés à forte valeur ajoutée, espérant ainsi générer près de 70 M€ de chiffres d’affaires. Malgré le soutien de l’État français – avec l’attribution d’une aide publique de 16,4 M€ dans le cadre de l’appel à projets Première usine de Bpifrance, Global Bioenergies n’a pas réussi à mobiliser les investisseurs nécessaires pour permettre le financement de cette usine. Il avait donc abandonné le secteur des cosmétiques.



