[L’instant tech] A Global Industrie, les start-up françaises de l’impression 3D s’affirment

Les start-up françaises de l’impression 3D sont venues en force à l’édition 2022 de Global Industrie pour présenter des machines à vocation industrielle fabriquées en France. Et trouver leur place dans les ateliers de production.

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Espace impression 3D - Global Industrie 2022
L'espace dédié à l'impression 3D au salon Global Industrie témoigne de la montée en puissance du secteur.

C’est un signal fort : sur les six prix distribués lors de l’édition 2022 de Global Industrie, les entreprises de l’impression 3D en ont gagné trois. Si l’une a été primée pour un projet d’impression de pansements sur-mesure pour réduire les douleurs d’enfants grands brûlés, les deux autres ont été récompensées pour le potentiel industriel de leurs machines de fabrication additive.

« Je pense que ce sera l’une des technologies phares de cette année, annonçait d’ailleurs Sébastien Gillet, directeur du salon, à l’aube de son ouverture. Elle répond à des sujets de l’industrie d’aujourd’hui, mais aussi des dix à quinze prochaines années. » Pas de surprise, donc, à voir l’espace alloué à la fabrication additive prendre une ampleur inédite, accueillant nombre de start-up françaises du secteur. Prêtes à défendre leur place dans l’industrie traditionnelle.

Des machines couleur made in France

Sur le stand de Cosmyx, huit imprimantes 3D tournent en continu. Lorsque l’une d’entre elle a terminé d’imprimer sa pièce – un petit rouage – elle la décolle de la plaque d’impression, puis la pousse afin de la faire tomber, par une rigole, sur un tapis roulant. En toute autonomie. Lauréate du prix de la start-up, la jeune pousse industrielle s’est créée à partir de l’initiative Visières solidaires, lancée pendant le premier confinement.

« Nous imprimions 3 000 visières par jour avec 20 machines, c’est là que nous est venue l’idée », raconte Antony Seddiki, PDG de la start-up de l’Essonne. L’idée ? Créer des imprimantes 3D capables de fabriquer en continu, de manière autonome, de larges séries de pièces. « Nous avons comprimé les coûts au maximum afin de donner la possibilité à nos clients de se constituer un parc machines capable de faire de la production de grandes séries », argue-t-il. Fabriquées en France, avec des composants majoritairement français, les machines sont présentées comme l’élément clé d’une fabrication distribuée, dispersée sur un territoire pour limiter les transports.

Juste en face, le lauréat du prix de la technologie de production, l’entreprise Pollen AM, présente sa toute dernière machine, « deux fois plus rapide que la version précédente et dotée d’une nouvelle interface logicielle », fait valoir Didier Fonta, son directeur général. « Celle-ci permet d’automatiser certaines étapes de la production et, surtout, d’intégrer la machine dans un flux de production industriel », ajoute-t-il.

Depuis 2013, l’entreprise commercialise des imprimantes tout autant capables de fabriquer des pièces en polymère flexible qu’en céramique technique. Le secret ? Plutôt que d’utiliser des poudres ou des filaments exclusifs à la fabrication additive, la technologie de l'entreprise d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) se base sur les poudres communément utilisés dans le moulage par injection. Contournant par la même occasion les longues et onéreuses certification et formulation de nouveaux matériaux.

Vocation industrielle

La start-up Namma, fondée par quatre étudiants des Arts et Métiers de Bordeaux, mise elle sur l’hybridation des modes de fabrication. Sa machine peut être dotée de trois différentes têtes, permettant d’alterner impression 3D, usinage et gravure sur une même pièce. Une solution mixte que la société bordelaise créée fin 2020 commercialise depuis quelques mois seulement. Après avoir vendu sa solution à un imprimeur angevin, son premier acheteur, la start-up cherche de nouveaux clients pour sa machine made in France à vocation industrielle.

« La machine apporte un vrai gain de productivité : elle peut imprimer des pièces toute la nuit, puis réaliser les étapes d’usinage et de gravure, plus rapides, en journée, quand des opérateurs peuvent manipuler la machine », présente Tom Lopez, directeur technique de la jeune pousse. Autre avantage, rappelle le cofondateur : « La machine peut s’utiliser comme un centre d’usinage ou de gravure normal. » De quoi, peut-être, séduire des industriels frileux face à une technologie parfois considérée, à tort, comme peu mature.

S’il fallait les convaincre, la machine de Sotimeco (une PME de Limoges, en Haute-Vienne)devrait faire l’affaire. De la taille d’un petit conteneur, elle contient un massif robot six axes. La technologie de l’entreprise créée en 2017 après deux ans de recherche se base sur la fonte d’une poudre ou d’un filament sur une pièce existante, grâce à un laser. Elle bénéficie d’un distributeur de poudre miniaturisé – et breveté – capable de délivrer un pourcentage précis d’alliage. « Cela permet par exemple de débuter une impression avec du titane et d’ajouter progressivement de l’aluminium jusqu’à un pourcentage souhaité », illustre Thierry Cousin, son PDG.

Un atout, tant pour la fonctionnalisation de pièces que les économies de matière, que l’entreprise propose à ses clients de l’aéronautique ou de l’énergie. Et compte faire connaître à Global Industrie. « C’est le premier vrai salon auquel nous exposons, relate Thierry Cousin. Pour une entreprise de cinq personnes comme la nôtre, c’est un énorme investissement. » Reste à espérer qu’il soit rentable.  

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