L'industrie française est revenue dix ans en arrière en termes d'emplois

Avec 57 500 emplois perdus en 2020, l’industrie se retrouve au même niveau d’emploi qu’en... 2010. Pour 2021, l'OCDE table sur une reprise de la croissance en France comme dans le monde, qui pourrait apporter un peu d'optimisme côté emplois.

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Usine Bridgestone Béthune
De nombreux emplois dans l'industrie sont encore menacés, comme à l'usine de Bridgestone de Béthune.

L’Insee a dévoilé mardi 9 mars les chiffres sur l’évolution de l'emploi salarié en France pour l’année 2020, marquée par deux confinements et des effondrements de production inédits. Cette conjoncture économique a entrainé la perte nette de 283 900 emplois salariés sur l’année.

Malgré des prévisions pessimistes de février 2021, le bâtiment a pu sauver quelques milliers de postes. Avec 31 000 emplois supplémentaires, il fait partie de ces rares secteurs qui ont recruté en 2020 comme la santé (+44 200 postes) et la fonction publique (+36 200 postes).

57 500 emplois perdus dans l’industrie

Le secteur de l’industrie n’a pas été épargné par les suppressions de poste et enregistre sur un an une perte de 57 500 emplois, soit une évolution de - 1,8 %. Au quatrième trimestre 2020, le secteur enregistrait - 0,4 % (soit −13.500 emplois) après −0,2% au trimestre précédent. L’Insee précise qu’il s’agit de la plus forte baisse annuelle depuis 2010. 

L’Usine Nouvelle avait réalisé une cartographie des différentes restructurations annoncées face à la crise liée au Covid-19, dont la plupart sont encore à venir. Les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile sont particulièrement touchés par la suppression de postes mais l’énergie, la chimie, ou le textile sont également concernés. On garde en mémoire les annonces de suppression de plusieurs centaines d’emplois comme la décision de Renault de mettre fin à l’activité de Choisy-le-Roi (250 personnes), les suppressions de postes de Daher sur son site Saint-Julien-de-Chédon en Loir-et-Cher (300 personnes) ou encore la fermeture de l’usine Bridgestone à Béthune dans le Pas-de-Calais (863 salariés), prévue pour le deuxième trimestre 2021.

Un niveau d’emploi comparable à 2018 dans le privé

Sur l’ensemble des emplois salariés, l’année 2020 a connu de grandes fluctuations, conséquence directe des confinements. Le quatrième trimestre enregistre 28 200 destructions nettes après le rebond de 333 900 créations nettes au 3e trimestre. Les deux premiers trimestres avait cependant été catastrophiques avec la perte nette d’environ 450 000 emplois au premier et 215 000 autres au second. In fine, le niveau d’emplois salariés fin 2020 « se situe ainsi à un niveau comparable à celui de fin 2018. Il s'agit de la première baisse en fin d'année depuis 2012 », écrit l’INSEE.

Parallèlement, la progression de l’activité partielle a, selon l’Urssaf, fait diminuer le salaire moyen par tête de 2,6 % sur l’année 2020. Les prix à la consommation (hors tabac) se sont quant à eux contracté de 0,3 %.

L’OCDE optimiste pour l’année 2021

Après la tempête... le beau temps. C’est ce que prédit l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en tablant sur une reprise de la croissance mondiale à 5,6%. Pour affirmer une telle conjoncture, l’organisation internationale s’appuie sur les plans de relance (1 900 milliards de dollars aux Etats-Unis) ainsi que sur l’avancée de la campagne de vaccination. Pour 2021, l’OCDE prévoit une croissance du PIB de 5,9% pour la France, 5,7% pour l'Espagne, de 4,1% pour Italie et de 3% pour l'Allemagne.

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