L’autorité européenne de la concurrence valide l’OPA de Veolia sur Suez

Plus rien ne s’oppose à ce que Veolia reprenne 60% des activités de Suez. Bruxelles a validé les remèdes proposés par le groupe dirigé par Antoine Frérot contre toute entrave à la concurrence ou position de monopole.

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Antoine Frérot
Antoine Frerot, PDG de Veolia, sera à la tête, courant janvier 2022, d'un groupe de services à l'environnement pesant 37 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

C’est la fin d’un feuilleton qui aura duré près de seize mois, depuis l’annonce d’Antoine Frérot, le patron de Veolia, le 31 août 2020 quand il s’est déclaré candidat pour reprendre les parts d’Engie dans Suez. Et après des mois de procédures et d’opposition du deuxième groupe français de services à l'environnement, un accord avait été trouvé le 11 avril. La décision est tombée ce mardi 14 décembre en fin de journée. L’Autorité de la concurrence européenne a validé les engagements proposés par Veolia, qui va pouvoir finaliser l’OPA sur son concurrent Suez. "Grâce aux engagements très complets mis en avant par Veolia, la Commission a pu autoriser ce rapprochement de deux acteurs français historiques de l 'eau et des déchets, a déclaré Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive chargée de la politique de concurrence. Par la décision, la Commission s'assure que cette opération n'aura pas d'effets négatifs sur la concurrence dans les marchés de l'eau et des déchets, deux secteurs essentiels au Pacte Vert pour l'Europe et l'économie circulaire." Plus rien ne s’oppose donc à ce que Veolia reprenne 60% des activités de Suez dans les prochaines semaines. La finalisation de l’opération est prévue autour du 18 janvier 2022.

15 autorisations sur 18

Chez Veolia, on précise avoir obtenu 15 autorisations sur 18. Il manque celles de l’Australie, du Chili et du Royaume-Uni. Les deux premières devraient tomber avant la fin de l’année. Pour les Britanniques, cela pourrait prendre un peu plus de temps. Mais quelles que soient les décisions de ces trois pays, plus rien n’empêchera l’opération d’aller à son terme, y compris l’enquête du Parquet national financier (PNF) suite à la plainte de l’Intersyndicale de Suez en avril 2021 et dont la décision – si décision il y a – devrait arriver trop tard. Pour rappel, le PNF a ouvert une enquête préliminaire pour trafic d’influence contre quatre acteurs du dossier. Elle vise les présidents d'Engie, du fonds Meridiam, de Veolia et le secrétaire général de l’Elysée Alexis Kohler.

Le groupe Veolia, qui détient déjà 29,9% du capital de Suez cédés par Engie à l’automne 2020, rachètera les 70,1% restants avant d'en céder une partie - notamment des actifs en France - aux actionnaires du nouveau Suez (Meridiam, la Caisse des dépôts et consignations, le fonds américain GIP), dont le chiffre d’affaires s’élèvera à 7 milliards d’euros (dont 5 milliards en France), contre 17,2 milliards d’euros en 2020. Suez conservera ses activités en Afrique, mais aussi l’essentiel en Chine, en Italie, en République tchèque, en Pologne, en Inde mais aussi des positions en Australie. Quant à Veolia, qui devient le grand champion des services à l’environnement souhaité par son PDG Antoine Frérot, il sera leader mondial (avec 5% de parts de marché) et son chiffre d’affaires va passer de 26 milliards à 37 milliards d’euros et ses effectifs de 190 000 à 230 000.

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Les remèdes pour conquérir l'assentiment de Bruxelles

Pour obtenir le feu vert de l'autorité européenne de la concurrence, Veolia a proposé quelques concessions pour éviter toute position dominante. Bruxelles les détaille dans un communiqué. "Afin de répondre aux préoccupations exprimées par la Commission en matière de concurrence, Veolia a proposé une série d'engagements comprenant : la cession de la quasi-totalité des activités de Suez sur les marchés de la gestion des déchets banals et réglementés et de l'eau municipale en France ; la cession de la quasi-totalité des activités de Veolia sur le marché des services mobiles de l'eau dans l'Espace économique européen ; la cession de la très grande majorité des activités de Veolia sur le segment français du marché de la gestion de l'eau industrielle ; et la cession d'une partie des activités de Veolia et Suez dans l'enfouissement des déchets dangereux, ainsi que l'ensemble des activités de Suez dans l'incinération et le traitement physico-chimique des déchets dangereux." Selon une source proche du dossier, ces cessions devraient atteindre environ 300 millions d’euros et si Suez n’a pas un droit de préemption, il aura un droit de première offre. D’ailleurs, du côté de La Défense, siège de l’entreprise, on reconnaît volontiers s’intéresser au sujet.

Le rapprochement entre Veolia et Suez rentre donc dans la dernière phase, avec une date de clôture de l’OPA fixée ce jour par l’Autorité des marchés financiers au 7 janvier 2022. "Cette étape ouvre la dernière phase du rapprochement qui n’est plus qu’une question de quelques semaines, a déclaré Antoine Frérot. Je tiens à ce qu’elle se fasse dans les meilleures conditions pour l’ensemble de nos parties prenantes et je veillerai à ce que l’ensemble de nos engagements sociaux soient respectés tout au long de ce processus".

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