C’est un incident dont le marché du gaz naturel liquéfié (GNL) aurait préféré se passer. Une explosion a touché mercredi 8 juin l’usine de liquéfaction texane de Freeport LNG, l’une des plus importantes aux Etats-Unis. D’après des images amateur et des clichés satellites, la déflagration aurait eu lieu sur un pipeline situé entre les trains de liquéfaction et les réservoirs. L’incendie semble avoir rapidement été maîtrisé. Peu de détails ont pour l’heure été rendus publics par l’entreprise et les autorités locales, sinon qu’aucun blessé n’est à déplorer et que le site va rester porte close pour «au minimum trois semaines».
La mise à l’arrêt de Freeport LNG, capable de produire 15 millions de tonnes de GNL par an, soit près de 20% de la production américaine, provoque une situation inconfortable pour l’ensemble des pays européens, soucieux de remplir leurs stocks en prévision de l’hiver (sauf pour le Royaume-Uni, qui ne détient pas de site de stockage).
«Rassurer les marchés»
«On ne sait pas combien de temps cette fermeture va durer, s’inquiète la spécialiste Anne-Sophie Corbeau, interrogée par L'Usine Nouvelle. Sur le court terme, il faudrait des détails techniques sur ce qu’il s’est passé et avoir une idée de quand l’usine sera de nouveau opérationnelle pour rassurer les marchés», estime la chercheuse de l'université de Columbia. Selon plusieurs experts, une fermeture de trois semaines pourrait entraîner la perte d'environ 13 à 15 cargaisons au départ du site. Ce qui représenterait une perte d'environ 2 millions de mètres cube de GNL, selon les calculs de L’Usine Nouvelle. A titre de comparaison, la consommation quotidienne de gaz en France s’élève à 150 000 mètres cube.
La France, premier importateur de GNL américain depuis janvier
Cet incident est en tout état de cause une mauvaise nouvelle pour le marché mondial de l’énergie, alors que les stocks de gaz naturel sont limités en ce moment. La reprise de l’économie mondiale (notamment en Asie) conjuguée à la guerre en Ukraine a exercé une forte tension sur les prix du gaz depuis le début d’année 2022. Soucieuse de réduire sa dépendance au gaz russe, l'Europe importe ces dernières semaines des quantités astronomiques de GNL, essentiellement depuis les Etats-Unis.

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3 Avril 2026
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Selon les données compilées par l’agence de presse Bloomberg, environ 75% des exportations américaines de GNL ont atterri en Europe entre janvier et avril. La France a même été le premier importateur de gaz naturel américain pour les mois de mars et d'avril, devant l’Espagne et le Royaume-Uni, selon les données de l’Agence américaine de l’énergie.
EIA Les pays européens sont la première destination du GNL américain depuis le début de l'année 2022. © Agence américaine de l'énergie



