Le plan climat européen fait l’effet d’un séisme dans l’automobile. Dans le cadre de son paquet législatif « Fit for 55 », la Commission européenne a proposé à la mi-juillet une nouvelle réduction des émissions de CO2 des véhicules neufs : moins 55 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990.
Ces normes pourraient aboutir en 2035 à la fin de la vente des voitures thermiques et hybrides, rechargeables ou non. « Ce sont des propositions, pas des décisions », a tempéré Agnès Pannier-Runacher, la ministre de l’Industrie. Les négociations devraient surtout porter sur le sort des hybrides rechargeables, un point sur lequel la France ne souhaite pas céder. Le lobby français du secteur, la Plateforme automobile, a appelé à un « accompagnement massif des pouvoirs publics », alertant sur les conséquences « dévastatrices » de ces décisions. L’État pourrait dévoiler un nouveau plan de soutien en septembre.
L’administration Biden a aussi dévoilé une feuille de route exigeante : une part de 50 % de véhicules à faibles émissions dans les voitures vendues à l’horizon 2030. Le plan prévoit 3 milliards de dollars d’investissements, ce qui a permis au président américain d’embarquer les principaux constructeurs : Ford, GM et Stellantis. Les États-Unis partent de plus loin que l’Europe. En 2020, 2 % des véhicules vendus étaient électriques, contre 11 % en France et 4,3 % en moyenne dans le monde, selon Pew Research.



